ID est implanté au Tchad depuis 2004, dans la zone de Moundou, à la demande des deux associations de jumelage Association Poitiers Moundou (APM) et Association des Amis Moundou Poitiers (AAMP) qui avait identifié une problématique autour du VIH/Sida.

 

C’est la prévalence du VIH/SIDA étant donné qu’aucune structure ne faisait du dépistage et encore moins de prise en charge, les malades devaient aller à N’Djamena.

Avec quel/s partenaires Id a commencé à travailler sur le territoire ?

ID a commencé a travaillé dans le domaine du VIH/SIDA avec des partenaires sur le territoire qui sont : l’Association des Amis Moundou Poitiers (AAMP) et le Centre Djenandoum Naasson et bien sûr l’Etat Tchadien par le biais du Ministère de la santé.

Pourquoi ID a élargi sa zone d’intervention ?

ID a élargi sa zone d’action pour travailler sur la question d’accès l’eau. Ces actions ont démarré en 2006 d’abord dans les quartiers périphériques de Moundou (Doumbeur) puis en raison des difficultés de travailler en périmètre concédé (zone de responsabilité de la STEE à l’époque à qu’il fallait demander des délégations de service public), le choix a été d’accompagner la CCAG (Conseil de cellule et d’appui à la gestion) animée par l’ONG tchadienne AGIR qui travaillait dans la zone sud du Tchad en zone rurale.

Un premier projet pilote a été bâti avant de lancer un vaste programme de consolidation du service public de l’eau à partir de 2010, s’étalant sur 3 phases de 3 ans (2010-2013, 2013-2016, 2017-2019). La Phase 2 du Programme Eau&Assainissement a pris fin en décembre 2019. Un autre programme est vue dont la réécriture est prévue au cours de 1er semestre de 2020.

Notons également qu’ID a étendu sa zone d’intervention hors de Moundou (Moundou rural), en 2005 avec le programme éducation dans la zone de Koro-kaga et Mbalkabra et dans le cadre de son programme Filière cuiseurs économes (FCE), lancé à la suite d’une étude de faisabilité réalisée en 2012.

Enfin, dans le cadre de l’éducation, ID vient d’étendre, en 2015, ses interventions auprès de 25 écoles primaires dans la ville de N’Djamena, à travers son programme d’appui à l’Amélioration de à la Qualité de l’Education de Base et de Promotion d’une Gestion de Proximité.

 

Quelle stratégie d’action d’ID dans le pays ? Quelles ambitions pour ID ?

La stratégie d’action d’ID dans le pays se base sur la stratégie globale d’ID de 2018-2022 dont les principaux axes sont :

  • Transformer son positionnement et ses pratiques pour accompagner des dynamiques de territoires et les acteurs qui les portent ;
  • Se mettre systématiquement et profondément à l’écoute des dynamiques locales ;
  • Rendre l’organisation d’ID plus souple et ouverte ;
  • Se donner les moyens d’une plus grande indépendance.

Par rapport au Tchad

Dans le souci d’assurer l’équilibre financier du pays avec un grand nombre de projets s’achevant en 2021, il est question de préparer l’avenir en lançant une réflexion à la fois sur le champ thématique mais aussi sur le champ géographique. Cette stratégie pays consiste à anticiper le futur d’ID, ses orientations stratégiques en termes organisationnels et opérationnels notamment autour des sujets suivants :

  • L‘identification de nouveaux programmes pour maintenir et développer le niveau d’activité actuel ;
  • La poursuite des actions de coordination inter programme (grille d’évaluation des RH nationales, méthodologie d’évaluation, nouvelle gille salariale, nouveau règlement intérieur…) pour renforcer la structuration d’ID au Tchad.
  • La consolidation de la direction pays avec le renforcement des liens avec les institutions et bailleurs de fonds sur N’Djamena ;
  • La construction et le renforcement de nouveaux partenariats ainsi que le maintien et la consolidation des liens avec les ministères concernés par nos différents programmes (au niveau local et national).

Pour ID au Tchad, cela signifie de réfléchir en termes de complémentarité des projets sur le territoire de Moundou, à l’instar du Projet PAJEP qui aborde les questions de gouvernance locale, de citoyenneté, mais aussi d’insertion des jeunes. La question de la jeunesse et de leur place s’impose sur tous les axes et pourrait servir de fil conducteur à ses interventions.

Il s’agira aussi de développer de nouveaux partenariats au-delà de ceux avec qui ID travaille aujourd’hui ; en renforçant la place des acteurs locaux (partenaires, parties prenantes, « bénéficiaires ») dans la conception et dans le pilotage des projets.

Les journées inter-programmes qui ont pour vocation d’encourager l’esprit d’équipe mais aussi de développer une meilleure connaissance de ce que les autres font ; notamment dans l’idée de favoriser la synergie entre programmes (en termes d’appui méthodologique, de connaissances des acteurs, d’approches…) vont se poursuivre.

L’approche développement local qui pourrait être utilisée sur un futur projet assainissement (latrines publiques) serait particulièrement adaptée et permettrait de décloisonner les savoir-faire comme cela a pu être essayé dans le secteur de l’éducation.

En termes de management et d’autonomie des équipes, il est important que les responsables de programme, ou encore les ARP développent leurs compétences managériales en changeant de positionnement pour renforcer/responsabiliser les équipes.

ID au Tchad peut développer certaines actions de prestation de service mais cela a été peu exploré dans le passé. Il peut être important de faire connaitre ses axes forts (appui à la décentralisation, éducation primaire) pour créer de nouveaux partenaires, être en capacité de capter des prestations ou développer des consortiums.

ID au TCHAD en 2019

Crise économique et sociale, grèves de longue durée à la Mairie de Moundou, principale partenaire dans la mise en œuvre des programmes PLIM et Komnand, crise sécuritaire aussi, avec la recrudescence constatée des actes perpétrés par Boko Haram dans la région du Lac Tchad et l’existence de rébellions armées dans le nord du pays, l’année 2019 n’a pas été assez favorable pour ID au Tchad. Les actions, en particulier, dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement et du développement local ont été largement impactées par la grève de longue durée à la Mairie de Moundou, principale partenaire dans la mise en œuvre des programmes PLIM et Komnand.
Suite à une polémique entre les ONG et l’État Tchadien sur la base d’un dispositif qu’a mis en place le ministère de l’économie, de la planification et du développement concernant l’application du décret 1917 et 1918 relatifs aux ONG, deux projets soumis au financement de l’UE n’ont pas eu de suite jusqu’en fin d’année. Si cette position de l’UE et de l’État tchadien ne change pas, ID pourra sentir négativement les effets à cause de ses projets qui prendront fin en 2020-2021. En effet, ID devra monter des projets et trouver des sources de financement et l’UE est l’un des grands bailleurs au Tchad.
En revanche, il y a une lueur d’espoir sur le plan économique. L’abattoir moderne construit à Moundou sera inauguré en 2020. Bien que les viandes issues de cet abattoir seront exportées, son existence à Moundou mettra un coup de pression pour rendre opérationnel la centrale à gaz qui est en chantier pour servir d’énergie ; prioritairement les usines dans la zone de Moundou.

ID intervient également comme prestataire de mise en œuvre pour le compte des ministères de l’Education Nationale pour le PAQEPP et Eau-Environnement-Pêche pour le PLIM. Ces contrats obligent à entrer en dialogue avec des acteurs de niveau central, en adoptant de nouvelles réflexions comme la problématique de la dissémination des actions phares dans tout le système ou la prise en compte approfondie des modes de travail, de décision, des directives ministérielles… Un apprentissage qui permet aussi d’ancrer au mieux nos projets dans les politiques publiques mais aussi d’influencer au niveau national les orientations et les stratégies. Une façon de donner une envergure nationale à des problématiques locales. Les contrats d’opérateur pour ID sur le PLIM et le PAQEPP permettent aussi à ID de s’imprégner des réalités parfois liées à la difficile collaboration qui peut exister entre les ONG comme ID et les institutions de l’Etat. Ce rapport a parfois des impacts en termes de retard sur le calendrier de mise en œuvre des activités.

 

Partenaires techniques

Mairie de Moundou
SCAC : Service d’action culturelle de France
BAOBAB ONG nationale basé à Moundou
CALF/Moundou : Centre d’Alphabétisation de la Langue fraise de Moundou
CDFCEP : Centre départemental de formation continue d’école primaire
Ministère des eaux, environnement et pêche
Consulat de France
Croix rouge Française
Ministère de l’éducation nationale et la promotion civique
Ministère de la décentralisation et du développement local
Ministère de l’agriculture, de l’Irrigation et investissements agricoles
SPONG-AH  Secrétariat permanent des ONG et Associations humanitaires
Direction Général de la Décentralisation
ESSOR
ONG IDO
Mairie de Koumra
Association Nationale des Communes du Tchad
Centre Djenandoum Naasson
PADIESE
UFEP : Union des Femmes pour la paix
GIZ
SWISSAID
Ambassade de France
Délégation de l’Union Européenne

Partenaires financiers

AFD
UE
Fondation NED