Au Sénégal, à Diob Ndofféne, 263 habitant·es se sont mobilisé·es, grâce à l’AOC-MS et ont réalisé plus de 500 changements pour protéger leurs ressources naturelles
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Méthode issue des sciences sociales, elle consiste à accompagner des communautés au changement. Après avoir identifiées collectivement les problèmes rencontrés, les participant.es définissent une vision commune d’amélioration puis des changements qu’ils et elles peuvent réaliser.
En mars 2024, 44 habitant·es ont pris part à cette démarche, répartis en trois groupes : femmes, hommes, et sages.
Ensemble, ils et elles ont identifié quatre problèmes majeurs affectant leur territoire :
- La salinisation et la baisse de fertilité des sols,
- L'ensablement des mares et des vallées
- L'insuffisance des zones de pâturage et l'empiètement sur les parcours du bétail
- La pression croissante sur la forêt et sa fragilisation progressive
Ils et elles ont ensuite défini une vision commune d’amélioration :
« Dans 10 ans, grâce à la bonne cohésion et l'implication des populations, le village de Diob Ndofféne atteint un développement durable permettant à nouveau le bien-être et le maintien de sa population »
Ainsi, ce ne sont pas des expert·es extérieurs qui décident de ce qui compte, mais bien les acteur·ices du territoire.
Au terme du processus, les résultats sont tangibles, plus de 500 changements ont été réalisés par 263 habitant.es : un engagement renforcé pour la protection des ressources, l’introduction de l’engrais biologique et du compostage, la régénération assistée, un lien social consolidé, avec une plus grande aisance à dialoguer sur des sujets collectifs.
« L’AOC-MS a beaucoup amené la cohésion dans le village. Les ateliers dans les hameaux et dans le village sont l’occasion pour les habitants de se rencontrer et d’échanger. Si vous voyez aussi toutes les personnes présentes ici, vous savez que l’AOC-MS intéresse beaucoup les gens. Je suis née ici, j’ai grandi ici, j’ai eu des enfants ici, je n’ai jamais vu un intérêt aussi grand dans le village. Dans les champs aussi et dans la forêt, les changements provoqués par l’AOC-MS sont visibles par tout le monde. Grace à l’AOC-MS, il y a plus de communication et de solidarité entre les hommes. Nous les femmes aussi, nous communiquons davantage entre nous et avec nos fils pour plus de cohésion dans le village. Même les cultures de mil ont changé depuis les ateliers en raison de l’usage du compost. On ne coupe plus les arbres, si tu pars dans la brousse les arbres sont denses et verdoyantes. Il y a même certaines espèces d’arbres comme le « tol » (Landolphia heudelotii ) qui avaient disparu et qui reviennent. Les hommes et femmes se sont mobilisés pour protéger la forêt.
Ndébane Ngom, commerçante/ménagère, groupe des femmes
L’ensemble des changements sont encouragés et documentés pendant l’ensemble de la démarche par les équipes ID. Il peut s'agir de dynamiques internes aux communautés, de nouveaux modes de gouvernance locale, ou encore des changements de pratiques individuelles et collectives.
Nous remercions chaleureusement les habitant·es de Diob Ndofféne pour la confiance accordée à Initiative Développement et pour leur participation active. C’est leur parole et leur engagement, sur leur propre territoire, qui en constituent toute la valeur.