Accueil > Focus > Se lancer dans un nouveau pays, pourquoi pas?

Se lancer dans un nouveau pays, pourquoi pas?

Jeudi, 09 Avril 2015

Se lancer dans un nouveau pays, pourquoi pas?

 

Intervenir dans un nouveau pays est un choix compliqué. D’Haïti, premier pays d’intervention d’ID (Initiative Développement), à la Chine en 2002, on retrouve une histoire et des motivations propres à chacun des sept pays où l’on intervient. Pour ses 20 ans, ID (Initiative Développement) a longuement mûri son projet de se confronter à de nouveaux besoins, et à de nouveaux contextes. Réponse ici sur le pourquoi, comment, où et quoi ?

Pourquoi se confronter à un nouveau pays ?

Améliorer l’accès à l’eau, à l’énergie, à l’éducation… Vouloir élargir nos interventions dans une nouvelle zone a été l’occasion pour ID (Initiative Développement) de réfléchir sur son mode d’action, 20 ans après ses premières activités en Haïti. Aujourd’hui,  notre association intervient dans sept pays : le Tchad, le Congo Brazzaville, les Comores, le Bénin, le Togo, Haïti et la Chine. Pour ses vingt ans, ID (Initiative Développement) a voulu renouveler son engagement sur le long terme auprès de futurs partenaires ; apprendre et progresser, en se confrontant à de nouveaux territoires, de nouveaux acteurs, cultures et modes de fonctionnement différents ; et améliorer son expertise sur des solutions et techniques déjà expérimentées ailleurs.

A chaque ouverture vers un nouveau pays, on retrouve le facteur humain, des rencontres avec des personnes qui nous invitent à « aller voir », à découvrir de nouvelles zones géographiques et à identifier ses besoins. Par exemple, l’intérêt d’ID (Initiative Développement) pour la Chine est né aux Comores en 1999. C’est en discutant avec nos confrères de l’Aide Médicale Internationale, ONG avec qui nous étions en partenariat aux Comores, que nous nous sommes intéressés aux conditions de vies difficiles en Chine rurale et montagneuse, avant de lancer une première mission trois ans plus tard.

Pour l’ouverture vers un nouveau pays, initiée en 2014, ID (Initiative Développement) s’est particulièrement attachée à impliquer chaque personne investie dans l’association, salariés et administrateurs, afin que le choix soit porté de manière collective.

Comment choisir ?

Le choix s’est avéré être un processus long, pour fixer des critères d’abord, et une liste de pays ensuite. Les salariés d’ID (Initiative Développement) ont d’abord établi une liste de critères qui leur paraissaient importants pour justifier une intervention, parmi quatre pays choisis également de manière collective : la Guinée Conakry, le Myanmar (ex Birmanie), le Sierra Leone et l’Ethiopie.

Ce choix a été ainsi déterminé par l’indice de développement humain (IDH), qui permet d’avoir des informations sur la santé des populations, leur niveau d’éducation et leur niveau de vie. La sécurité et la stabilité du pays ensuite, car nos actions nécessitent une certaine stabilité, notamment politique. La présence d’ONG, comme troisième critère, a permis de comparer les pays qui bénéficient le moins de l’aide internationale et de corriger au moins partiellement cette inégalité. L’existence d’une société civile en quatrième lieu, à savoir l’existence d’associations locales prêtes à porter les enjeux de développement de leur territoire, permet à ID (Initiative Développement) de savoir si elle peut s’appuyer sur des acteurs déjà en place. Enfin la possibilité de lever des fonds comme dernier critère est indispensable pour financer ses projets.

Ces critères sont complémentaires. Ensemble, ils permettent de s’assurer d’une intervention pérenne qui répond à des besoins réels auprès de populations « délaissées ». Après étude approfondie de ces critères parmi les quatre pays proposés, ID (Initiative Développement) s’est tournée vers la Guinée Conakry.

Cap vers la Guinée Conakry

La Guinée Conakry figure parmi l’un des pays les plus pauvres au monde. Le pays est classé 178ème sur 187 par indice de développement humain (IDH). La pauvreté a progressé, passant de 42% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 2002 à 55% en 2012, et une présence relativement faible d’ONG sur place malgré des besoins criants. Face à la faiblesse de l’Etat, des associations locales ont pris le relais pour assurer le minimum de services à la population. Mais cette société civile manque de moyens face à l’importance des besoins.

Au regard des domaines d’intervention d’ID, la Guinée n’est en effet pas en reste. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont très élevés et l’accès aux soins de santé de base est encore très problématique. Les problèmes de malnutrition sont importants, et la production agricole ne suffit pas pour subvenir aux besoins de la population. Le bois ou le charbon de bois restent encore utilisés par 98% de la population comme source d’énergie (cuisson…), et 9 ménages sur 10 n’ont pas accès à l’eau en milieu rural, pour 7 ménages sur 10 en ville. Le taux de scolarisation est bien insuffisant par rapport aux autres pays voisins, avec une forte disparité entre le taux d’alphabétisation des femmes (14%) et des hommes (46%). Enfin, il existe très peu de moyens pour accompagner les différentes communes/régions dans les politiques de décentralisation.

Les besoins sont nombreux, et correspondent à nos compétences (eau et assainissement, énergie, développement local, santé, éducation et agriculture). Une mission exploratoire a ainsi été réalisée afin de vérifier qu’ID avait bien sa place en Guinée Conakry. A l’issue de cette mission, la Préfecture de Télimélé a été retenue pour son enclavement et l’absence d’aide internationale. L’agriculture est le principal secteur d’activité de près de 80% de la population guinéenne et la principale source de revenu pour 57% des ruraux. Les paysans de Télimélé ont une motivation et une volonté à s’organiser pour mener à bien les activités. Les conditions sont favorables au développement des activités agricoles (maraîchage, apiculture) et d’élevage, qui sont des activités traditionnelles dans la zone. D’autre part, la position géographique de Télimélé lui donne des atouts indéniables pour des échanges commerciaux. Mais les paysans ont besoin d’être renforcés et d’être appuyés techniquement pour pouvoir développer leur activité. Forte de ses expériences au Congo et en Haïti, ID (Initiative Développement) a donc choisi d’appuyer le développement de l’agriculture, en renforçant l’organisation des groupements de paysans, notamment sur la transformation et la commercialisation de produits.

 

Voir tous les focus