| Haïti :
Programme pilote d'extension de la gratuité pour un panier
de services curatifs en phase post urgence
Lire
l'article "Analyse de l'impact des paiements et de la gratuité
sur l'accès aux soins"
Implantation
géographique :
Ennery, dans le département de l'Artibonite.
Contexte et historique
du programme :
LA SANTE POUR TOUS ET POUR TOUTES ?
En 1987, l’initiative de BAMAKO propose une approche pragmatique
pour apporter un « plus » de soins aux pays pauvres.
Partant du constat que les soins ne coûtent pas trop cher
si on utilise des médicaments essentiels sur leur nom générique
et si on assure leur prescription rationnelle, l’initiative
de Bamako se basait essentiellement sur une participation communautaire
pour payer les soins de santé. Il s’agissait donc de
fournir à moindre coût des médicaments essentiels
de qualité aux structures de santé de base, de former
les responsables à l’utilisation rationnelle de ces
médicaments, et d’assurer par la vente de ces médicaments
dans les structures sanitaires (associée à une consultation
forfaitaire) des ressources financières pour les structures
de santé. Dans le même temps, les usagers devaient
également s’impliquer dans la cogestion des structures
à travers les comités de santé.
Le patient, désormais usager des structures sanitaires,
devait ainsi payer chaque « acte » médical :
dossier, examen de laboratoire, pansement, injection mais également
tous les soins coûteux comme les interventions chirurgicales
ou les le traitement des maladies chroniques (diabète…).
Le système a été à ce point dévoyé
que certains services d’urgence ne soignent pas les patients
qui ne sont pas en mesure d’avancer le coût de leur
prise en charge.
L’initiative de Bamako est depuis devenue le paradigme de
presque tous les systèmes de santé communautaire dans
les pays pauvres, y compris en Haïti. Beaucoup de bailleurs
s’intéressaient à ces programmes parce qu’ils
donnaient l’illusion que « cela pourrait un jour marcher
tout seul ».
Mais la participation financière des usagers aux soins s’est
aussi souvent traduite par le désengagement des Etats et
des bailleurs internationaux. Les mécanismes de solidarité
prévus (partage des coûts, fonds sociaux) n’ont
pas ou peu fonctionné, si bien que la partie de la population
la plus pauvre (plus ou moins importante selon les pays) est exclue
des systèmes de soins. Les ministères sont restés
sans ressources financières, ni humaines, les centres de
santé et hôpitaux sans budget de fonctionnement, et
finalement, pour certains… sans malades.
Dans son rapport sur la santé dans le monde 2000 intitulé
Pour un système de santé plus performant, l’OMS
a très explicitement pris conscience des limites de cette
stratégie menée depuis plus de trente ans «
Malgré tous ces efforts, on considère qu’un
grand nombre de ces programmes ont été en fin de compte
des échecs au moins partiels ». Certes des progrès
indiscutables ont été accomplis, mesurables par la
diminution de la mortalité infanto-juvénile ou l’augmentation
de l’espérance de vie par exemple, mais les résultats
sont très loin des objectifs assignés.
Il faut s’ouvrir à de nouvelles idées et de
nouvelles pratiques.
LE SIDA, PRECURSEUR POUR UNE TRANSFORMATION DES SYSTEMES
DE SANTE ?
Alors que la communauté de santé publique privilégie
le débat sur la prévention de la transmission du VIH/SIDA
dans les pays en développement sur la base de critères
d’efficience, la société civile et les activistes
créent la surprise à la conférence sur le SIDA
de Durban en juillet 2000, en ramenant la prise en charge des patients
et l’accès aux antirétroviraux au centre du
débat.
Le 11 décembre 2003, lors de la conférence internationale
sur la prise en charge communautaire du VIH/SIDA, le Président
Wade proclame que l’accès à la trithérapie
pour les patients atteints du VIH/SIDA serait désormais gratuit
au Sénégal. Cette décision faisait suite à
de nombreux débats qui ont eu lieu depuis plusieurs années
sur le système de paiement mis en place par l’Initiative
Sénégalaise d’accès aux ARV. Plusieurs
études avaient conduit à une plate-forme, dite de
Gorée, présentée en décembre 2001 et
résumant les arguments en faveur de la gratuité. La
gratuité a depuis été étendue à
d’autres pays. Pourtant même si la prise en charge thérapeutique
se développe et le coût de la prise en charge diminue,
le paiement reste de rigueur dans la plupart des pays.
L’un des arguments contre la gratuité de la trithérapie
reposait sur la comparaison avec les autres services. Pourquoi privilégier
les traitements ARV quand les externalités liées à
leur déploiement sont limitées ? On pourrait répondre
à cette question en étendant justement l’argumentaire
appliqué à la prise en charge du VIH/SIDA à
d’autres domaines de santé publique. Encore une fois
la lutte contre le VIH/SIDA pourra ainsi jouer le rôle non
plus d’exception mais de précurseur à une transformation
des systèmes de santé.
OUVRIR DES BRECHES DANS LE SYSTEME DE RECOUVREMENT DES COUTS
De nombreuses évaluations des pratiques de recouvrement des
coûts dans les pays à ressources limitées ont
été effectuées, mais elles demeurent très
dispersées. Ces analyses sont souvent très critiques
(en particulier sur la fréquentation, le ciblage des plus
vulnérables et sur la qualité des soins) mais elles
n’ont pas encore fait l’objet de synthèse largement
divulguée.
Alors que les chercheurs s’interrogent de plus en plus sur
les effets de ces politiques, la pratique sur le terrain est presque
toujours en faveur d’un système de paiement direct
par l’usager. Le poids de certains bailleurs (UNICEF, Banque
Mondiale,...), les intérêts de certains acteurs (l’état
qui se désengage, les gestionnaires d’hôpitaux
qui profitent parfois du système…), créent souvent
des biais en faveur de ces choix politiques. Même quand les
slogans de l’initiative de Bamako s’essoufflent, d’autres
« modes » (mutuelles, assurances, solvabilisation de
la demande…) prennent la relève mais elles conservent
presque toujours pour acquis (sinon comme condition) le maintien
d’un système de paiement de l’usager.
Pourtant des exceptions aux paiements directs ont toujours été
acceptées du moins dans les stratégies politiques
sinon dans leur mise en oeuvre. La tuberculose, la vaccination,
les consultations pré-natales ont souvent été
maintenues gratuites, mais la liste est restée très
sévèrement limitée comme si la gratuité
faisait peur. Il est vrai que la notion de gratuité est perçue
comme trompeuse « puisque de toutes façons quelqu’un
doit payer ». Elle a souvent été considérée
comme un mensonge car les proclamations politiques dans certains
pays ne correspondaient pas à une réalité de
paiements officieux très onéreux et non régulés.
Elle a été considérée aussi comme source
de gaspillage. Elle nuirait à la pérennisation des
services et engendrerait des effets pervers car les services gratuits
soit-disant prioritaires finiraient par se dégrader.
Depuis un certain nombre d’années, des réformes
ont été entreprises dans le domaine du financement
public, mais les réformes du financement de la santé
n’ont que trop rarement envisagé le mode de financement
de services fournis gratuitement à leurs bénéficiaires
(ex. lutte contre la tuberculose, la lèpre, etc.). Il faudrait
les prendre en compte dans un débat plus équilibré
sur les stratégies de financement. Il est en effet paradoxal
que cette généralisation des paiements se fasse au
moment où l’aide budgétaire se développe
rapidement. Ce type de soutien permettrait de renforcer les capacités
du budget public à prendre en charge un certain nombre de
services en particulier dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.
Il pourrait être opportun de ranimer maintenant le vieux
débat des économistes sur les biens publics et les
biens collectifs. De nombreuses réflexions dans ce domaine
(au niveau national comme international) se sont rarement traduites
par des applications concrètes dans les systèmes de
paiement des pays sub-Sahariens. Les publications récentes
sur les biens publics internationaux concernant les ARV ou les vaccins
pourraient alors avoir un réel impact pour la réforme
des systèmes de financement de la santé.
Au lieu de poursuivre un débat sur le terrain en fait assez
dogmatique en faveur ou contre le paiement des usagers, il serait
judicieux que le débat se portât sur l’élaboration
de paquets de services à prendre en charge soit par l’Etat
(en fonction de critères de santé publique mais aussi
de priorités nationales), soit pas un système de sécurité
sociale (en fonction des moyens redistributifs du pays), soit par
des mécanismes complémentaires (mutuelles, assurances
privées) en fonction de la demande solvable de certaines
populations. L’expérience de certains pays (Tanzanie…)
dans le cadre d’approches sectorielles et de décentralisation
va dans ce sens.
LE CAS D’HAÏTI
En responsabilisant les seules populations pour la gestion des
services de santé de base, l’Etat, en pleine crise,
s’est progressivement désengagé de la santé
et a limité ses interventions au soutien d’un petit
nombre d’hôpitaux et au paiement de quelques cadres
pour la réalisation d’un petit nombre de programmes
financés par les bailleurs de fonds, comme le Programme élargi
de vaccination (PEV), le Planning Familial, la tuberculose ou le
VIH.
Certes, le système a permis aux structures sanitaires de
survivre, en couvrant des achats de médicaments et les salaires
d’une partie du personnel, mais il a aussi exclu les malades
les plus pauvres et détourné la population du système
formel de soins (public ou privé), comme le montre très
clairement les taux de fréquentation que nous avons observés
sur nos zones d’intervention. Un patient sans ressource, confronté
à une maladie grave ou chronique, se retrouve rapidement
pris dans un cercle vicieux fatal :
- Le malade dépense ses réserves monétaires
;
- Le malade vend ses biens ;
- La famille du malade sacrifie ses réserves monétaires
et ses biens ;
- Un membre de la famille reste avec le malade pour le soigner et
ne travaille plus ;
- La famille cherche à trouver de l’argent pour payer
les soins ; en attendant, la maladie s’aggrave :
- Le malade meurt faute d’avoir reçu le traitement
nécessaire et adéquat en temps réel.
Vendre la santé au village est devenu un job pour (sur)vivre,
au même titre que prêcher l’évangile ou
éduquer les enfants. Des écoles d’auxiliaires
se sont ouvertes un peu partout offrant une formation de courte
durée, avec un cursus le plus souvent non conforme aux normes
du ministère de la Santé et avec des professeurs douteux.
Les communautés ont ainsi accepté des auxiliaires
de santé sans se soucier de leurs compétences et ces
auxiliaires ont d’abord cherché à financer leur
salaire. Les médicaments essentiels sont abandonnés
au profit de produits « appréciés », souvent
sous forme de sirops, plus coûteux et donc plus rémunérateurs…
Les activités préventives, non rémunératrices
en dehors de financements externes ont été réduites.
Les dérives éthiques sont de plus en plus marquées
: avant même de toucher un malade - quel que soit le degré
d’urgence - le médecin ou l’agent de santé
se préoccupe du paiement. Si, au sein de ce système,
l’accès aux soins de base est déjà coûteux
pour un problème de santé simple, le problème
devient dramatique en cas de maladie grave.
Ces dernières années, une majorité de structures
publiques de santé sont ainsi restées livrées
à elles-mêmes, alors que le ministère de la
Santé avait affiché la volonté de reprendre
en main le système et cherchait à écarter le
secteur associatif (national ou international) de la cogestion de
certaines institutions publiques.
A l’échelle nationale, le taux de fréquentation
des structures de santé est inférieur à 0,1
visite par an et par habitant. La mortalité maternelle et
la mortalité infantile affichent toujours les taux les plus
élevés du continent.
Les défenseurs d’un strict recouvrement des coûts
(dont nous avons été) précisent que les indigents
doivent et peuvent être pris en charge, mais dans la pratique
une telle distinction n’existe presque nulle part. La définition
des « cas indigents » reste très vague. Un autre
argument consiste à dire qu’un paiement responsabilise
l’usager et valorise l’image des soins. Mais le calcul
de la somme qu’un pauvre est prêt à dépenser
pour accéder à des soins fait oublier que cette somme
pourrait être utilisée pour nourrir sa famille, construire
un habitat meilleur, acheter des intrants agricoles, ou envoyer
ses enfants dans une école de meilleure qualité.
LES ENSEIGNEMENTS DU PROGRAMME D’URGENCE
Les pluies diluviennes qui ont accompagné le passage du
cyclone Jeanne ont provoqué des milliers de morts et de disparus
ainsi que de gros dégâts matériels (perte de
nombreuses têtes de bétail, d’outils de production,
nombreuses maisons détruites).
Dans la région des Gonaïves, qui a été
la plus durement touchée, la réponse dans le secteur
de la santé a été la suivante :
- Mise en place de soins gratuits dans les communes de Gonaïves
et d’Ennery ;
- Installation d’un hôpital de campagne par le CICR
pour la prise en charge des cas les plus urgents ;
- Coordination entre les ONG, les Nations Unies et le ministère
de la Santé.
Initiative Développement et son partenaire local PRODEVA
ont assuré la gratuité des soins dans la commune d’Ennery,
dans laquelle les deux organisations travaillent depuis longtemps.
Leur intervention a reposé sur la collaboration avec les
institutions de santé existantes. La période de soins
gratuits dans la commune d’Ennery a vu une explosion de la
demande et de la fréquentation des trois dispensaires et
de l’hôpital d’Ennery (hôpital de référence
de l’UCS implantée à Ennery).
L’hôpital (désert à notre arrivée)
a été réanimé : accueil des urgences,
évacuations sanitaires assurées en ambulance, démarrage
d’une unité de récupération nutritionnelle.
Les consultations, qui ne sont assurées désormais
que par les médecins à l’hôpital augmentent
chaque mois : moins de 10 / mois avant le cyclone, 1.328 en novembre,
2.539 en mars… Sans compter les pansements (entre 20 et 30
par jour) et la petite chirurgie. Les 15 lits d’hospitalisation
(71 % de taux d’occupation en mars) sont occupés par
des patients présentant des pathologies sévères
(déshydratation, IRA sévère, tuberculoses compliquées,
insuffisance cardiaque, éclampsie, toxémie gravidique,
avortement, malnutrition, fièvre typhoïde, VIH…).
Les accouchements sont passés de 6 à 15 par mois.
En trois mois, 22 enfants ont été hospitalisé
avec un marasme (21 ont récupéré, 1 transféré
pour tuberculose), 13 avec un kwashiorkor (2 décès,
11 enfants récupérés). 100 nouvelles grossesses
sont suivies chaque mois…
Sur l’ensemble de la commune, entre janvier à mars
2005, 32.062 nouveaux malades (sur une population de 38.000 personnes)
ont été consultés dans les dispensaires et
la clinique mobile. Le taux de consultation a pratiquement atteint
2 par personne et par an. La population s’est fortement mobilisée
pour permettre l’accès à l’équipe
de la clinique mobile (construction d’une route sur la zone
de Rouf à Chemin Neuf). Beaucoup de malades arrivent à
l’HTL la veille pour être sûrs d’avoir une
place dans la consultation du lendemain.
Bien que la période critique pour les maladies à
caractère épidémique se soit passée
sans grand accident, le « retour à la normale »
après six mois, c’est à dire à un système
de recouvrement de coûts, n’a pas été
à l’ordre du jour jusqu’à récemment
sur les communes de Gonaïves et d’Ennery. Les institutions
sanitaires connaissant une très forte fréquentation,
la période de soins gratuits a été étendue
de 3 à 6 mois en février 2005.
A partir de décembre 2004, le ministère de Santé
a cherché à réunir les intervenants autour
d’un « plan de soutien au secteur de la santé
» dans le département, pour organiser la post-urgence.
Avec le départ d’un certain nombre d’organisations
d’urgence, le plan envisage un retour progressif au système
qui existait avant le passage de Jeanne.
Ce projet constitue la suite de ce programme post-urgence. Nos
propositions s’inscrivent toutes dans l’axe 4 du Cadre
de Coopération Intérimaire (améliorer l’accès
aux services de base) :
« L’actuel système de santé ne permet
pas d’offrir à la population les services de base qu’elle
est en droit d’attendre (…) Le budget du MSPP est faible
et insuffisamment exécuté. Le personnel est mal payé
et mal réparti. Le MSPP a du mal à structurer le système
de santé et à mettre en place des systèmes
de supervision. Les médicaments essentiels ne sont pas accessibles
aux patients. La réforme du système de santé
de soin en périphérie (UCS) n’a jamais véritablement
été mise en place. Ces capacités d’absorption
du système sanitaire sont une contrainte majeure qui souligne
l’importance de créer des partenariats public-privé
et d’utiliser et renforcer les capacités privées
et non gouvernementales existant dans la provision du PMS »
« La stratégie de transition poursuit cinq priorités
(…) Etendre le Paquet Minimum de Services (PMS) à 2,5
millions d’Haïtiens en développant 15 UCS (…)
Améliorer l’accès aux soins de la population
en général et des groupes vulnérables en particulier
(enfants, femmes enceintes, handicapés, PVVIH (…) relancer
les programmes prioritaires (…) ».
« Offrir des services d’assistance aux plus vulnérables
»
Type de programme et objectifs :
Objectif général : Un aménagement du système
de recouvrement des coûts en vigueur en Haïti permet
à tous d’accéder à des soins curatifs
de qualité.
Objectif spécifique : Des services de santé de qualité
sont accessibles à tous sur la commune d'Ennery.
Public concerné :
A des degrés divers les 38.000 habitants et habitantes
de la commune sont des bénéficiaires potentiels directs
du projet.
Les malades sévères bénéficieront d’une
référence rapide pour assurer leur prise en charge
à un échelon supérieur.
Plus de 50 enfants souffrant de malnutrition sévère
ou aiguë bénéficieront d’une prise en charge
et d’un suivi adapté.
Entre 1.000 et 1.500 femmes enceintes bénéficieront
chaque année d’une consultation prénatale de
qualité, avec la possibilité de dépistage de
maladies graves y compris le VIH.
L'équipe :
La responsable de programme, médecin expatriée,
est chargée de la coordination des activités et de
leur suivi, mais elle est également impliquée dans
des activités de soins ou de consultation.
Elle est secondée par :
- Un logisticien / administrateur expatrié, responsable de
la logistique et de l’administration du projet ;
- Un gestionnaire du dépôt de médicaments essentiels
;
- Une équipe technique mixte MSPP - ID
Les formations sont assurées par l’équipe santé
du projet, avec l’appui des formateurs des organisations partenaires
(PSF, PALIH, CARE, MSPP).
Financement du programme :
Ministère des affaires étrangères et
coopération canadienne
Partenaires locaux et à l'étranger
:
La Direction Sanitaire de l’Artibonite (DSA), à Gonaïves,
est associée au déroulement des activités et
de leurs résultats.
La Mairie d’Ennery est informée et associée
aux discussions.
Activités, actions en cours :
Objectif spécifique
Des services de santé de qualité sont accessibles
à tous sur la commune d'Ennery.
Evolution des consultations sur la commune d’Ennery :
Plus de 56.000 malades ont été vus au cours de la
période mai 2005-avril 2006 dans les institutions sanitaires
de la commune d’Ennery couvertes par le projet, ce qui correspond
à plus de 1,47 consultations par personne par an.
Plus de 25% et souvent même plus de 30% des malades consultés
sont des enfants de moins de 5 ans.
Evolution des consultations prénatales (CPN)
Entre Mai et avril 2006, 2567 femmes enceintes ont consulté
pour la première fois et 1838 sont revenues au rendez-vous
qui leur a été fixé ensuite. Comme le nombre
de grossesses attendues ne s’élevait qu’à
1368 pour la période et sur la zone concernée, on
peut en déduire que le programme attire des femmes des communes
voisines : Gonaïves, St Michel et Plaisance.
Les accouchements
224 femmes ont choisi d’accoucher à l’HTL entre
mai 05 et avril 06. Cela représente une moyenne de 18/19
accouchements par mois. Depuis la reprise des activités de
l’hôpital fin 2004, ce chiffre est en constante augmentation
: En décembre 2004, seules 3 femmes avaient accouché
à l’hôpital. Actuellement, 16 % des accouchements
attendus sur toute la commune se font dans le système sanitaire
formel, nous visons un taux de 25 % en fin d’année
2. Nous intervenons en effet dans un milieu rural où les
traditions sont encore très marquées et constituent
un frein important, aggravé par les difficultés de
déplacement.
Sur les 224 accouchements, il y a eu 218 enfants vivants, 6 morts
nés et 8 enfants décédés dans les premières
24h. Il n’y a eu aucun décès maternel.
Depuis janvier 2006 une auxiliaire assure une permanence au dispensaire
de Savanne Carré pendant la nuit, et 12 femmes ont pu ainsi
accoucher dans ce dispensaire. Il a eu 12 enfants nés vivants.
A l’hôpital Toussaint Louverture les femmes enceintes
bénéficient gratuitement des analyses de laboratoire
: Hémogramme, groupage, analyse des Urines, dépistage
de la Syphilis et du VIH, ce dernier étant systématiquement
proposé aux femmes depuis février 2006.
Seul un quart des femmes étaient dépistées
pour le VIH avant cette date. En année 2 du projet, nous
avons prévu d’étendre aux dispensaires la possibilité
de faire les hémogrammes, les analyses d’urines et
les dépistages de Syphilis et VIH.
Les femmes enceintes séropositives sont référées
au Cap, et depuis mars à Gros Mornes pour une prise en charge
du VIH. Ceci implique des trajets sur des routes difficiles qui
peuvent provoquer des complications au cours de la grossesse ou
des accouchements prématurés. C’est pourquoi
nous sommes entrain de mettre sur pied un programme de PTME à
l’HTL. Depuis mars, 4 femmes séropositives ont accouché
à l’HTL. Elles et leurs bébés ont reçu
de la Névirapine.
L’espacement de naissances
La commune compte plus de 9000 femmes en âge de procréer.
Plus de 850 sont utilisatrices des méthodes modernes de planification
familiale dans nos institutions. Les femmes préfèrent
les injections de Dépôt Provera mais il y en a beaucoup
qui demandent une stérilisation par ligature, un service
qui n’est pas fourni par nos institutions. Le taux de femmes
utilisant des méthodes modernes de planification familiale
est estimé à 29,5 % (Emmaus III ,2000). Si ce taux
est réel, cela signifie que seules 10 % des femmes de la
commune ont accès à une contraception gratuite et
que 20 % d’entre elles s’approvisionnent sur le marché.
Une information sur la contraception est en théorie systématiquement
donnée lors des consultations prénatales ou lors des
consultations pour les Infections Sexuellement Transmissibles (IST).
Ce travail d’information et de sensibilisation doit être
renforcé, l’accent en terme de formation du personnel
et d’organisation ayant été essentiellement
mis cette année sur la mise en place des Consultations Prénatales
et le suivi des grossesses.
Le Programme Elargi de Vaccination
Les institutions sanitaires vaccinent en stratégie fixe
entre 2 et 3 fois par semaine et sont toutes équipées
de frigos, à l’exception du dispensaire de Rouf. Le
MSPP recommande de vacciner quotidiennement, mais le bureau départemental
n’est pas en mesure de fournir la quantité de vaccins
nécessaires pour le faire. Le MSPP a organisé une
campagne de vaccination en stratégie avancée d’octobre
à décembre 2005. Selon le MSPP la couverture de vaccination
dans la zone est de 65% pour la rougeole et la polio. Il est difficile
d’apprécier la fiabilité de ce chiffre, les
carnets de vaccinations n’étant pas encore systématiquement
et correctement remplis. Par contre aucun cas de rougeole, diphtérie,
polio, tétanos n’a été enregistré
à ce jour.
Nous poursuivons notre travail avec le MSPP pour essayer de limiter
les ruptures de stocks. Nous participons également à
l’organisation des campagnes de vaccination.
Les examens de laboratoire
Depuis mai 05 une laborantine (assistée d’une technicienne
cubaine depuis plusieurs mois) à été engagée
à l’HTL pour rendre le laboratoire fonctionnel. Le
nombre d’analyses réalisées chaque mois a augmenté
régulièrement. Actuellement le nombre d’examens
demandés est à la limite des capacités du laboratoire,
nous avons donc prévu le recrutement d’une personne
en année 2.
Les examens réalisés sont pour le moment : Hémogramme,
vitesse de sédimentation, sickling test, malaria, glycémie,
groupage, Widal, test VIH et Syphilis, ASO et RPR, urines, selles
et frottis vaginal.
Les résultats des examens sont rendus le jour même
au patient. Les examens de crachats (BAAR) sont réalisés
au dispensaire de Saint Francois d’Assise qui est reconnu
comme centre de traitement de la Tuberculose .
Deux formations de la laborantine (recyclage sur la malaria et
stage en biochimie) ont permis une amélioration de La qualité
des examens.
L’hospitalisation
Sur la période considérée, 64 malades en moyenne
ont été hospitalisés mensuellement à
l’HTL (taux d’occupation moyen de74 %). L’hôpital
compte 15 lits et 3 lits d’urgence. Si besoin, quelques lits
« de fortune » peuvent rajoutés, ainsi que ceux
de la salle de récupération nutritionnelle.
Les maladies qui provoquent l’hospitalisation sont : Décompensation
cardiaque, anémie sévère, gastro-entérite,
fièvre typhoïde, malaria sévère, pneumonie,
HTA sévère, TB avec décompensation cardiaque,
infection au VIH, trauma,abcès, brûlure.
La Prise en Charge de la Tuberculose
Elle est assurée par le dispensaire Saint François
d’Assise qui est le centre reconnu par le Programme National
de Prise en charge de la Tuberculose (PNLT) du MSPP. Avec la hausse
des consultations, leur capacité d’hospitalisation
est souvent dépassée. Les malades avec des pathologies
associées comme des insuffisances cardiaques sont d’abord
hospitalisés à l’HTL avant de les référerau
centre de SFA.
La collaboration entre l’hôpital et le DSFA pour la
détection et la prise en charge de la TB est bonne. De mai
05 à avril 2006, 172 nouveaux cas de Tuberculose ont été
détectés au DSFA.
Résultat 1 : La gratuité des soins est assurée
pour un nombre déterminé de pathologies ciblées
et pour les groupes les plus vulnérables de lasociété,
un forfait raisonnable est demandé pour le reste.
Identification des groupes vulnérables et des pathologies
devant faire l’objet d’une prise en charge gratuite.
La population d’Ennery contribue depuis mai 2005 aux soins
par le versement d’un forfait unique. Cinq groupes vulnérables
ont été identifiés, qui sont donc totalement
exonérés du paiement des soins (consultations, analyses
ethospitalisation) : Les femmes enceintes, les indigents, les Personnes
vivants avec le VIH (PVVIH), les tuberculeux et les enfants malnutris.
10 % des consultations sont actuellement exonérées
(hors hospitalisation et analyses), et 60 % de ces exonérations
concernent les femmes enceintes.
Les références au niveau secondaire : Les frais des
références vers l’hôpital des Gonaïves
ou celui du Cap Haïtien sont pris en charge par le fonds social
du programme. Cela comprend les analyses, les soins (opérations)
et les médicaments, ainsi que les coûts des examens
complémentaires nécessaires (radiographies et sonographies).
Le transport des PVVIH pour avoir accès aux ARV est pris
en charge par le projet.
Mise en place un mécanisme de subventionnement des soins.
Les médicaments, le matériel médical et de
laboratoire est fournit par ID à toutes les structures partenaires,
sur présentation d’une feuille de réquisition
accompagnée d’un rapport de consommation.
Le personnel de l’hôpital recruté par ID est
rémunéré par le programme. Le personnel de
l’hôpital employé par l’Etat bénéficie
également du système de primes de performances financé
par le projet.
La rémunération du personnel des dispensaires de Passe
Reine, Savanne Carré et Rouf est entièrement prise
en charge par le projet.
Les recettes de l’hôpital et des dispensaires sont
collectées chaque mois par le programme, déduction
faite des frais de fonctionnement de chaque structure. Elles sont
ensuite centralisées et permettent de compléter les
dotations du programme pour la prise en charge des salaires et des
médicaments. Les recettes des institutions représentent
5 % du budget total et ne permettent pas de couvrir les frais de
personnel des institutions.
Recrutement et formation du personnel supplémentaire.
Personnel supplémentaire recruté par le programme
au niveau de l’hôpital Toussaint Louverture :
Un médecin chef de l’hôpital, 2 infirmières,
4 auxiliaires de santé, 1 responsable de Pharmacie, 1 aide
pharmacienne, 1 archiviste, 1 laborantine, 2 gardiens, 2 ménagères
et un une auxiliaire de counselling.
Par ailleurs le MSPP a renforcé l’équipe en
recrutant fin 2005 / début 2006 un médecin chef de
commune, un administrateur et 3 médecins en service social.
Ces recrutements ont permis à l’hôpital de poursuivre
la reprise d’activité amorcée pendant le programme
d’urgence :
- Reprise des hospitalisations
- Reprise des accouchements
- Consultations assurées par un médecin
- Mise en place d’un système de garde 24h/ 24 assuré
par une auxiliaire ou une infirmière, mise en place d’une
astreinte médicale 24h/ 24.
- Mise en service du laboratoire
- Prise en charge des enfants malnutris
- Amélioration du fonctionnement de la pharmacie
Approvisionnement en médicaments et fournitures des
5 institutions de santé et supervision de leur bonne utilisation.
L’administrateur logisticien et le responsable du dépôt
de médicaments du programme ont assuré tout au long
de l’année l’approvisionnement des institutions
de santé en médicaments essentiels. Les ruptures de
stock ont ainsi pu être évitées.
Les institutions remplissent quotidiennement la liste des médicaments
qui ont été prescrits. Cette liste est ensuite vérifiée
par le responsable du dépôt de la pharmacie du programme
qui s’assure de l’absence d’irrégularités,
puis elle est analysée par la médecin responsable
du programme pour s’assurer de la cohérences des prescriptions.
Si une mauvaise utilisation ou une utilisation exagérée
de certains médicaments est constatée, une formation
est alors organisée avec le personnel concerné. Le
nombre moyen de prescriptions est de 2,9 médicaments par
ordonnances dans les dispensaires et de 3 à 4 médicaments
à l’HTL. Les médicaments les plus utilisés
sont : le Ferfolat, le Paracetamol, les Vitamines, le Cotrimoxazol,
l’Amoxicillin, la Chloroquine, l’Hydrochlorothiazide,
les Antiacides, et pour les enfants le Mebendazol.
Résultat 2 : Un système de références
/ contre-références performant est mis en place à
2 niveaux : dispensaire / hôpital communal et hôpital
communal / hôpital départemental.
Si nous avons pu avancer sur la mise en place d’un système
de référence et de contre-référence
au cours de cette première année, il reste imparfait,
malgré certains acquis :
Au niveau du premier échelon, (des dispensaires vers l’HTL),
les malades sont envoyés avec une lettre de référence
et sont vus tout de suite à leur arrivée à
l’HTL. 90% de ces références sont justifiées.
Il s’agit le plus souvent de patients avec insuffisance cardiaque
décompensée, d’enfants gravement mal-nourris,
de malades avec une pathologie ayant traînée et des
traumatismes (accidentés). Beaucoup de femmes présentant
une grossesse à risque sont aussi référées
à l’hôpital.
La contre référence au dispensaire qui a envoyé
le patient est malheureusement très souvent « oubliée
» et lorsqu’elle est faite, c’est rarement par
écrit.
Deux facteurs peuvent expliquer cette absence de contres références
au premier niveau (de l’HTL vers les dispensaires) : la surcharge
de travail et aussi parce que ce n’est pas dans l’habitude,
dans la culture des médecins de donner des informations.
L’écrit est encore à tous les niveaux (archivage
inexistant à notre arrivée..) une pratique embryonnaire.
Au niveau de l’échelon supérieur, l’HTL
envoie des patients à Raboteau ou bien à l’hôpital
Justinien du Cap Haïtien. En fait nous manquons d’une
vrai structure pour accueillir les références :
- L’hôpital de la Providence de Gonaïves n’est
pas encore fonctionnel. Bien que le bâtiment ait été
réhabilité et équipé, le personnel ne
reste pas sur place et la prise en charge n’est pas assurée.
De nombreux cas témoignent d’un dysfonctionnement majeur
et il est difficile de compter sur cette structure.
- L’hôpital de Raboteau où travaille principalement
une équipe cubaine n’est plus autorisé à
prendre en charge des cas obstétricaux. Les complications
de l’accouchement doivent être envoyées à
la Providence où le plus souvent il n’ya pas de médecin…
- Au Cap Haïtien la prise en charge est assurée mais
loin d’être optimale. La prise en charge de première
intention est assurée par les médecins en service
social quelle que soit la situation ou la raison du référencement.
Les médecins seniors ne sont pas tous les jours présents.
Les médicaments prescrits ne sont pas des médicaments
essentiels.
Enfin, malgré nos demandes nous ne recevons pas de contre-références,
à l’exception de celles du pédiatre de l’hôpital
Justinien. A l’absence de culture médicale en ce sens,
s’ajoute ici le fait que nous ne disposons d’aucun moyen
de persuasion. La collaboration avec ces hôpitaux doit être
renforcée, noussouhaitons notamment travailler avec eux sur
la définition de protocoles de prise en charge des malades
référés par l’HTL. Nous projetons en
particulier de proposer un protocole standard de prise en charge
des césariennes à la fois du point de vue des patients
et de celui du coût.
Cas particulier des PVVIH : A partir d’octobre nous avons
commencé à envoyer des PVVIH au Cap pour faire le
comptage de leurs lymphocytes CD4 et assurer leur prise en charge.
Les efforts d’échanges avec l’hôpital du
Cap mis en œuvre par l’équipe du programme pour
améliorer la prise en charge des patients référés
se sont révélés peu fructueux : 4 voyages pour
rencontrer le personnel du programme du Cap ont été
effectués et la communication par courrier électronique
est fréquente afin de montrer l’implication et les
capacités de l’équipe d’HTL. Pourtant,
il est difficile pour l’équipe du Cap de collaborer
pleinement, et les patients sont souvent obligés d’effectuer
de multiples allers retours avant d’avoir accès au
traitement ARV. Depuis le mois de mars 2006, ID collabore aussi
avec l’hôpital de Gros Mornes et de Pilate pour la prise
ne charge de certains PVVIH originaires de la zone. ID prend en
charge les malades référés qui pèsent
lourd sur le budget, mais nous considérons que se limiter
aux soins primaires si l’on veut montrer une alternative au
recouvrement de coûts serait démagogique.
La plus grande partie de ces frais remboursés par ID sont
les médicaments. Les pathologies le plus souvent envoyées
sont des insuffisances cardiaques graves qui ne répondent
pas au traitement, des fractures et des déformations chroniques
des os, des enfants avec anémie sévère pour
transfusion, des tumeurs.
Résultat 3 : Des soins de santé préventifs
et curatifs de qualité sont délivrés dans les
institutions de santé.
Mise en œuvre du plan de formation continue du
personnel
Thème des formations : Counseling, Suivi communautaire,
Epidémiologie et statistique, Vaccination, Prise en charge
des infections opportunistes, Soins infirmiers, Accompagnement psychosocial
des PVVIH, Malaria et biochimie, Consultation prénatale,
Grippe aviaire et alerte épidémiologique.
Aménagement des visites du matin auprès des malades
hospitalisés pour qu'elles deviennent un temps de formation
continue et d'échange avec le staff cadre de l’hôpital..
Organisation de visites de supervision des dispensaires 1 fois
par mois .
Mise en place un système d’encouragement (primes
de performances)
Un système de prime mensuelles de performances a été
mis en place à partir d’avril 2006 pour le personnel
de l’HTL après évaluation du travail effectué.
L’évaluation compte sur la présence effective
y compris pendant les gardes, et la qualité du travail effectué
pour tous les collaborateurs et toutes les collaboratrices de l’HTL.
Le montant de la prime est conditionné aux résultats
de cette évaluation mensuelle du travail de chaque agent.
Implication des leaders dans la promotion de la santé,
l’accompagnement des malades chroniques et la surveillance
épidémiologique
Nos efforts ont essentiellement porté cette année
sur la prise en charge institutionnelle. Nous souhaitons développer
cette activité en année 2. 12 agents de terrain bénévoles
ont déjà pu bénéficier d’une formation
pour assurer un accompagnement psychosocial des PVVIH.
Amélioration du dispositif de prise en charge et de
suivi des enfants gravement malnutris dans l’HTL suivant les
normes de l’OMS
L’unité de récupération nutritionnelle
a été créée au moment du programme d’urgence.
Nous avons bénéficié pendant toute cette période
de l’appui de l’UNICEF pour la fourniture du lait thérapeutique
qui s’était engagé à fournir l’unité
pendant les 5 années à venir. Leur appui a cessé
en juin 2005, et nous assurons cette dépense qui n’était
pas inscrite au budget. Le programme fournit également la
nourriture des mamans pendant leur séjour afin de les encourager
à rester sur place pendant la longue période de prise
en charge de leur enfant.
8 lits sont disponibles pour la récupération nutritionnelle
et en cas de besoin des lits de fortune sont ajoutés.
La mortalité est de 13,3 % pour le kwashiorkor et de 9,86%
pour le marasme. La plupart des enfants meurent le jour de leur
admission parce qu’ils viennent dans un état grave.
Nous souhaitons en année 2 renforcer notre travail avecles
communautés pour améliorer la prévention.
Les enfants récupérés sont vus mensuellement
et reçoivent une ration sèche. Trois enfants séropositifs
sont morts après leur exéat, dont un enfant qui était
dans l’attente d’un traitement ARV à Gros Mornes.
Les autres enfants récupérés ont continué
à gagner du poids.
Mise en place d’un service de dépistage volontaire
et prise en charge des PVVIH avec les partenaires institutionnels.
Le projet attire des gens qui sont longtemps restés à
la maison sans consulter ou bien qui ont déjà essayé
différentes étapes du système de santé
officiel et traditionnel sans trouver de solutions. Parmi ces personnes
figurent les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).
Depuis le programme d’urgence nous avons enregistré
des suspicions cliniques d’infection par le VIH sans pourvoir
référer les malades vers un lieu de dépistage.
CARE qui mène un programme de prévention du VIH et
qui propose un dépistage volontaire n’était
pas en mesure de nous garantir un dépistage rapide et confidentiel.
Ainsi, à partir d’août 05 nous nous sommes procurés
des kits de test de VIH pour offrir à nos malades un dépistage
et une prise en charge plus adéquate.
On soulignera au passage que le département de l’Artibonite
est l’un des plus touchés du pays avec une prévalence
estimée parfois jusqu’à 6,8 % suivant la zone.
Ces PVVIH sont prises en charge pour les infections opportunistes
et nous cherchons à les référer aux centres
de traitement.
La problématique du traitement ARV (TARV)
Il n’y a pas encore TARV disponible sur les Gonaïves.
L’hôpital Deschappelles dans le Bas-Artibonite qui est
un centre pour le TARV ne prend en charge que des malades de leur
zone d’intervention.
Face au nombre croissant de nos patients, nos premières
démarches se sont tournées vers l’hôpital
Justinien au Cap pour demander une prise en charge de nos malades
séropositifs. C’est après de longues discussions
et plusieurs rendez-vous de nos patients que les médecins
responsables du PEPFAR ont accepté de prendre en charge quelques-uns
de ceux-ci.
ID paie le transport pour les rendez-vous au Cap pour les PVVIH
ou bien les amène en ambulance. ID prend également
en charge les médicaments qui ne sont pas disponibles au
programme PEPFAR ainsi que les analyses spécifiques (comme
RX, biopsies, ECG etc...).
Depuis mars 06 nous avons également fait des démarches
en direction des centres de prise en charge à Pilate et Gros
Mornes récemment ouverts. Pilate prend en charge aujourd’hui
les PVVIH dépistées originaires de Plaisance et Gros
Mornes accepte ceux des Gonaïves, Ennery et Marmelade.
A ce jour, 28 PVVIH sont mises sur traitement ARV dans ces centres,
à Gros Morne ou au Cap Haïtien bien que 65 en auraient
besoin en urgence. Les frais de transport, les analyses supplémentaires
et si nécessaire même la nourriture ont été
pris en charge par le programme.
Les procédures de mise sur traitement sont lourdes et la
mortalité reste élevée (23 décès
en 9 mois).
Afin de permettre aux patients de bénéficier d’un
TARV sur Ennery, nous nous sommes rapprochés de l’association
« Zanmi Lasanté » située sur le plateau
central à Canges. Un accord de collaboration a été
définit (avec le soutien moral de Karoline Fonck responsable
du programme 3X5 à l’OPS-OMS). Il consiste en un programme
de formation du personnel de l’HTL dans un premier temps qui
sera ensuite suivi d’un encadrement technique par l’équipe
de Canges avec inclusion de la file active d’Ennery sur celle
de Canges (afin d’obtenir le nombre de TARV nécessaires).
Les premières formations doivent avoir lieu dans les prochaines
semaines.
Contacts :
Responsable de programme : Docteur
Christiane Boecker
Courriel : c.boecker@id-ong.org
Chef de Secteur Haïti : Isabelle
Faucon
tel : (+509) 554 63 50 / 799 96 27
Courriel :
i.faucon@id-ong.org
Responsable de pôle Santé
Sida : Stephanie Boucher
tel : (+33) (0)5 49 60 89 66
Mail : s.boucher@id-ong.org
Page actualisée le 17/01/07
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