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Haïti : Accès à une école de qualité dans le district scolaire de Jean Rabel

La fête de l'arbre au centre de formation d'ID... ...Et celle du livre

 

Implantation géographique :
L’action est conduite dans le district scolaire de Jean Rabel (170.000 habitants) qui regroupe les quatre communes de Jean Rabel, de Bombardopolis, du Môle Saint Nicolas et de Baie de Henne dans le département du Nord-Ouest.

Cette partie du pays, communément appelée "Far West" est considérée comme l’une des plus défavorisées. L'érosion, le déboisement, les aléas climatiques et l'enclavement encouragent l'exode rural vers Port au Prince, la capitale, et les villes plus proches des Gonaïves et de Port-de-Paix.
De fait, les activités économiques sont quasi-inexistantes et les échanges commerciaux réduits. La majorité de la population vit d’une modeste production vivrière, de production de charbon de bois et de transfert d’argent d’une diaspora importante.

La situation de l'éducation dans le Far West
La situation de l’éducation dans le Far West est très critique. Le système éducatif haïtien est le plus retardé du continent américain. Un jeune de 15 à 24 ans sur trois est illettré (Rapport sur le développement Humain, 2005). Le taux net de scolarisation dans l’enseignement fondamental est de 61,4% (Source MENJS, enquête 1998), encore ne tient-il pas compte des zones rurales où seuls 23% des enfants en âge scolaire se trouvent à l’école. « Environ 500 000 enfants n’ont encore pas accès à l’éducation de base. Enfin, la qualité et l’efficacité de l’éducation offerte est très faible avec seulement 35 % des enfants qui atteignent la cinquième année de l’école primaire. » (République d'Haïti, Cadre de Coopération Intérimaire 2004-2006, Juillet 2004, p. 35).

Les catégories sociales défavorisées et les populations rurales sont laissées pour compte par le système qui n'arrive pas à faire face à la demande. Ainsi, les deux écoles fonctionnant selon le modèle de « Lekol Panou » à Jean Rabel et Bombardopolis (écoles cogérées par ID et accueillant principalement des enfants démunis) refusent chaque année un grand nombre d'enfants. L’extrême pauvreté du pays ne favorise pas l’accès à l‘éducation. Les écoles nationales sont rares et les familles n'ont pas les moyens d'assumer seules les frais de l'école.

Non seulement la zone manque-t-elle d'école, plus encore, elle manque de maîtres compétents et formés et de moyens de fonctionnement.Fort de ces différents constats, conscient des limites d’un dispositif de formation continu, ID a mis en place en octobre 2005 avec les différents acteurs nationaux et départementaux de l’éducation une structure de formation initiale, l'Ecole Normale d'Instituteurs du Nord Ouest (ENINO) complétant le dispositif EFACAP.

Les écoles, les maîtres en exercice, les jeunes... sont nombreux à demander des formations et un appui dans leur travail. Les évaluations réalisées en octobre 2005 et février 2006 ont montré que la forte demande en la matière et la satisfaction de la réponse apportée par ID jusqu’à présent. Malgré tout, le système souffre d'un manque de motivation des maîtres lié à leur faible rémunération et à la dévalorisation de leur métier qui provoquent un turnover important. Une enquête a révélé que 34 % des maîtres formés par ID entre 1996 et 1999 avaient quitté le système éducatif soit 40 maîtres sur un échantillon de 117. Ce phénomène est encore plus marqué chez les maîtres non qualifiés. C'est pourquoi l'action se veut globale, il ne faut pas seulement faire des formations mais aussi contribuer à améliorer le fonctionnement de l'ensemble du système.

Historique du programme :
Depuis 1994, Initiative Développement conduit dans le bas Nord Ouest d’Haïti un programme de développement intégré qui comprend 5 secteurs d’activité (éducation, santé, hydraulique, agriculture, et micro-crédit).
Dans le domaine de l’éducation, nous avons dès le démarrage orienté notre intervention sur de l’appui pédagogique. Une vingtaine d’écoles ont ainsi été encadrées chaque année par l’équipe du programme entre 1997 et 2000.

A partir de 2001, un cofinancement de l’Union européenne permet de développer significativement les activités du programme : une soixantaine d’écoles partenaires (préscolaire et primaire), inscrites dans un cycle de formation sur 3 ans, ont été suivies chaque année. Le travail de structuration, entrepris avec les comités de gestion des écoles a débouché sur un grand nombre de projets d’écoles : construction de 105 salles de classe, 68 micro projets réalisés (latrines, réfectoires, citernes…). Après la construction d’un Centre d’Appui Pédagogique (CAP) en 1999, qui accueille les formations de maîtres et héberge l’inspection scolaire, le programme s'est doté progressivement d’un centre de ressources pédagogiques : construction de l’école « PANOU » (progressivement transformée en EFFACAP - Ecole Fondamentale d’Application et Centre d’Appui Pédagogique), construction d’un centre culturel et d’une bibliothèque, construction de lieux d’accueil pour les maîtres en formation et les formateurs. Le programme a par ailleur développé des activités de santé à l’écoles axées sur la formation (600 enseignants formés), la sensibilisation (132 représentations théâtrales, 3 évènements grand public chaque année, diffusion d’un journal inter-scolaire) et la prise en charge des enfants ( campagnes de déparasitage et de vaccination).

Deux évaluations du programme (une évaluation interne conduite fin 2005 et une évaluation stratégique externe conduite en février 2006) ont permis de définir les orientations de cette nouvelle phase d'intervention.

Formation des moniteurs/trices de maternelle... et formation multimédia



Les objectifs du programme :
Le programme poursuit les objectifs globaux suivants :
- L'école prépare mieux les jeunes à leur future vie active.
- Les structures locales de l’éducation (communautaires et professionnelles) jouent leur rôle dans le développement humain du Nord Ouest haïtienObjectif spécifique : L'accès à une école de qualité dans le district scolaire de Jean Rabel est durablement amélioré

L'action concerne l'école fondamentale qui s'étale sur 9 années à partir de l'âge de 6 ans ainsi que le cycle préscolaire. Les élèves qui finissent l’école fondamentale ont entre 15 et 18 ans. La plupart d’entre eux chercheront directement un emploi ou reprendront les activités de leurs parents.

Notre intervention vise à améliorer la qualité de l'enseignement. Une école où l'enseignement est de qualité doit permettre aux élèves de maîtriser des savoirs et des savoir-faire de base, l'esprit d'analyse, la capacité de réflexion et d'adaptation... autant d'éléments qui contribuent à l'insertion professionnelle, à une productivité plus grande, à des revenus plus élevés et ainsi au développement économique et humain.

En Haïti, de nombreux jeunes connaissent le chômage ou le sous-emploi. Cette situation est la conséquence du sous-développement en général, mais aussi des très faibles compétences des jeunes qui ne sont pas allés à l'école fondamentale, qui ont abandonné prématurément les études, mais aussi des nombreux jeunes qui ont tout simplement perdu leur temps sur les bancs de l'école faute d'un enseignement de qualité.
C'est contre ce ''gaspillage'' que le programme entend lutter en permettant aux jeunes du district scolaire de Jean Rabel d'accéder à une école de qualité.

L'ambition est d'améliorer durablement la qualité de l'école, cela veut dire que le programme va agir sur tous les déterminants, sur tous les éléments constitutifs du système scolaire : conditions matérielles, compétences des enseignants, capacités de différents acteurs de la région à agir sur la qualité de l'enseignement. Ce n'est qu'à ces conditions que l'école changera et deviendra utile.

Public concerné :
Groupes cibles : 3 Ecoles Fondamentales d'Application (EFA), et 27 Ecoles Associées (EA), environ 250 maîtres en activité, 30 directeurs d’écoles, 30 comités de gestion des écoles ; 60 maîtres en reprise de formation initiale pour un an et 4 promotions d’élèves instituteurs bacheliers (soit 195 étudiants), en formation pour trois années à l’ENINO (Ecole Normale d’Instituteurs du Nord-Ouest).
Bénéficiaires finaux : Environ 8.500 enfants scolarisés (cycle pré scolaire et cycle fondamentale) dans les écoles partenaires dont 1.000 enfants précédemment en situation d’exclusion scolaire..

L'équipe :
Un Responsable de Programme, un directeur ENI (Ecole Normale d'Instituteurs), 1 directeur d'EFA, 8 professeurs formateurs, 3 conseillers pédagogiques, 1 coordinateur Projets d’écoles, 1 coordinateur Santé scolaire, 1 coordinateur pré scolaire, 1 travailleur social, 1 responsable centre de ressource, 1 administrateur Comptable, 1 secrétaire, 1 chauffeur


Activité de découverte dans la
bibliothèque du Centre d’Appui
Pédagogique pour les élèves

Financement du programme :
Union Européenne
Ministère Français des Affaires Etrangères
Dons privés

Partenaires locaux et à l'étranger :

Partenaires locaux :

  • Association ADEMA : Ansanm pou yon DEmen Miyò an Ayiti
  • Ministère de I'Education Nationale de la Jeunesse et des Sports
  • Centre d'Education Spécial (Formation pré-scolaire)
  • Maison Henri Deschamps (Editeur de manuels scolaires)
  • Communautés locales (Comités de parents et de gestion des écoles)

Partenaires étrangers

  • GREF : Groupement des Retraites Educateurs sans Frontières
  • PAEH : Programme d'Appui à I'Education en Haiti (Coopération française)
  • Livres Sans Frontières
  • ONG DEFI

Activités, actions en cours :

Résultat 1 : Les écoles partenaires et les écoles publiques du district scolaire intègrent un nombre croissant de maîtres qualifiés

1.1 Organiser la formation des élèves instituteurs

Dans notre démarche de professionnalisation du métier d’enseignant et pour répondre à un besoin pressant qui est d’augmenter le vivier de maîtres qualifiés et compétents dans le département, nous avons appuyé le Ministère à la mise en place d’une Ecole Normale d’Instituteurs (ENI) à Jean Rabel qui a ouvert ses portes en octobre 2005. 40 nouveaux étudiants sont accueillis chaque année pour un cycle de trois ans. L’intégration de jeunes filles est promue.

La gestion de l’ENI est assurée actuellement par ID. Suivant la convention de collaboration signée entre le MENJS (Direction de la Formation et du Perfectionnement) et ID, la gestion de cet outil sera progressivement transférée au MENJS, au plus tard en 2015.

L’ENI-NO (Ecole Normale d’Instituteurs du Nord Ouest) forme à une pédagogie active tout en privilégiant la méthode inductive où l’élève-maître est acteur de sa propre formation. Pour la mise en œuvre de ce choix pédagogique, des actions de formation de l’équipe pédagogique sont réalisées avec l’appui du Groupement des Retraités Éducateurs sans Frontières (G.R.E.F.). Chaque année scolaire, plusieurs missions de 6 semaines avec des intervenants bénévoles du GREF expérimentés, ayant des compétences professionnelles et disciplinaires complémentaires sont organisées.

Un cursus de reprise de formation initiale court (une année) pour les maîtres non qualifiés des écoles partenaires est expérimenté par un système de congé individuel de formation (CIF) à l’ENI-NO. Pendant cette période de reprise de formation pour les maîtres déjà en poste, les classes sont assurées en grande partie par les élèves maîtres de l’ENI-NO en stage en responsabilité. Chaque année, 20 maîtres d’école bénéficient de ce dispositif. Ils se voient délivrer une attestation de formation. Des négociations sont en cours avec la Direction de la Formation et du Perfectionnement pour délivrer, si la phase expérimentale valide le dispositif, un certificat d’aptitude pédagogique (CAP).

Les étudiants sont issus de l’ensemble du département du Nord-Ouest (l’ENI-NO est le seul établissement homologué dans le département) et la sélection se fait sur des critères de motivation (dossier, entretiens) et de répartition géographique. La moitié des étudiants sont originaires du district scolaire de Jean Rabel. Les jeunes diplômés de l’ENI-NO s’engagent à enseigner pendant 5 ans minimum dans les deux premiers cycles de l’école fondamentale.


Les bâtiments de l'Ecole Normale d'Instituteur

1.2 Organiser les écoles partenaires en « grappes d’écoles » autour d’une EFACAP et de deux EFA

La réforme de l’éducation haïtienne institue un système où les écoles sont organisées par grappes. A la tête d’une grappe, il y a une Ecole Fondamentale d’Application (EFA) qui se veut être une école modèle et ressources pour les Ecoles Associées (EA) qui lui sont rattachées. Une EFA peut comprendre également un Centre d’Appui Pédagogique (CAP), comprenant des infrastructures d’accueil des enseignants et des ressources humaines pour la formation continue – hébergement, restauration, salle de formation …) et constitue alors un EFACAP. ID a déjà mis en place durant la phase précédente un EFACAP à Jean Rabel.

Le résultat de l’évaluation interne (octobre 2005) de la précédente phase du programme a montré l’efficacité de la formation continue accompagnée d’un système de suivi et d’un appui au fonctionnement de l’école (contribution à la rémunération des maîtres, amélioration des moyens matériels de fonctionnement). Ainsi, on a pu montrer que les résultats obtenus par les élèves des deux écoles cogérées selon ces principes par ID (communément appelées « Lekol Panou ») à des tests (en français, créole et mathématiques) sont nettement meilleurs (+ 50%) que les résultats des élèves des autres Écoles. Les EFA et EA mises en place par ID/ADEMA à partir d’écoles déjà existantes s'inspirent de ces conclusions dans leur fonctionnement.

Aussi, les deux « Lekol Panou » de Jean rabel et de Bombardopolis, qui existent déjà actuellement, ont été choisies pour être transformées en EFA (celle de Jean Rabel se situe sur le même terrain que le CAP et constitue déjà l’EFACAP de Jean Rabel). La troisième Ecole Fondamentale d’Application sera choisie parmi les écoles ayant participé à la phase précédente. Les EFA comprendront 12 niveaux : les 3 niveaux du cycle préscolaire et les 9 niveaux de l’Ecole Fondamentale. L’ensemble du cycle sera complété progressivement d’ici à la fin du projet dans les trois EFA. Elles sont dotées d’infrastructures scolaires adéquates, de matériel pédagogique et didactique adapté et d’une équipe-école qualifiée et compétente. La formation des maîtres et des directeurs est complétée en fonction des besoins. Un conseiller pédagogique à temps plein est attaché à chaque EFA en appui aux maîtres de l’EFA et de la grappe d’écoles associées. Une convention de partenariat pluriannuelle sera signée entre ID/ADEMA et chaque EFA.

Dans sa fonction d’école d’application, les EFA accueillent des élèves-maîtres de l’ENI-NO en stage d’observation, d’accompagnement et de responsabilité et aussi des maîtres et des directeurs des EA en stage de formation continue.
27 Ecoles Associées ont été sélectionnées pour constituer les trois grappes d’écoles liées aux EFA. Elles ont été choisies parmi les écoles connues du programme et ayant déjà bénéficié d’un appui dans la phase précédente. Les critères de sélection seront géographiques (la notion de grappe implique celle de proximité) et qualitatifs.
Les EA bénéficient de l’appui du Conseiller Pédagogique référent de l’EFA, des 4 coordinateurs thématiques du programme (pédagogique, préscolaire, santé scolaire, comité de gestion des écoles) et de l’ensemble des activités et soutiens matériels.

1.3 Organiser la formation continue des maîtres en activité

Pour atteindre l'objectif d'une école de qualité, la poursuite du processus de formation continue, professionnelle et académique engagée par ID depuis 1996, des maîtres des écoles partenaires se révèle indispensable.

L'évaluation réalisée en octobre 2005 a montré qu'il y avait des impacts positifs de la formation sur le niveau des élèves (résultats améliorés de 8 à 10 % dans les matières fondamentales). Les observations et les analyses des animateurs pédagogiques corroborent ce constat. Parallèlement, de manière assez unanime, les bénéficiaires des formations, souhaitent que le processus se poursuive au-delà des trois années organisées dans la phase précédente. Pourtant, la participation à ces formations représente un effort très important des maîtres puisqu’ils sont mobilisés durant 5 semaines, chaque été, qu’ils ne peuvent pas consacrer à leur travaux champêtres et pour lesquelles ils ne reçoivent ni indemnités, ni per diem, ni frais de déplacements.

Le processus de formation continue concerne les 250 enseignants et 30 directeurs des écoles partenaires à raison de 10 journées de formation par personne et par an organisées au Centre d’Appui Pédagogique de Jean Rabel.

Le plan de formation est défini avec l’appui des professionnels du GREF et tient compte des besoins particuliers de chaque enseignant qui sont ensuite répartis en groupes de niveaux ou en groupes thématiques. Il s’articule autour de deux grands champs de compétences : les compétences professionnelles et les compétences disciplinaires et vise les objectifs suivants :
- Compléter et/ou consolider les connaissances des maîtres, des concepts et notions dans les disciplines enseignées dans les deux premiers cycles de l’école fondamentale (Mathématiques, Créole, Français, Sciences Sociales, Sciences Expérimentales) ;
- Compléter et/ou consolider les savoirs didactiques nécessaires des Maîtres, pour la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des apprentissages dans les disciplines enseignées dans les deux premiers cycles de l’école fondamentale ;
- Compléter et/ou consolider la capacité des Maîtres dans la gestion pratique et participative des classes.
Les formations sont associées à un dispositif de suivi et d’évaluation continue permettant les ajustements nécessaires.

Au-delà des compétences disciplinaires et professionnelles développées dans le plan de la formation continue des maîtres un volet santé et un volet environnemental adapté à la discipline concernée (science expérimentale, géographie) sont intégrés. L’objectif de cette formation est de développer chez les maîtres et en finalité chez les élèves une attitude d’observation, de compréhension et de responsabilité à l’égard de ces problématiques. La pédagogie active est privilégiée dans cette démarche, car elle aide à développer la responsabilité, l’intégration des activités théoriques et pratiques et le dialogue des disciplines. Les modules de formation ont déjà été élaborés et évolueront grâce à la collaboration pour les aspects santé des cadres du secteur santé/sida d'ID et avec l'ONG DEFI pour les questions environnementales. Un plan de formation de formateurs, des enseignants et des directeurs a été élaboré en partenariat avec DEFI. Ce plan de formation se déroule sur 3 ans.


Les maîtres sont incités à utiliser des pédagogies actives dans leurs enseignements

1.4 Assurer le suivi régulier des enseignants en salle de classe

Le suivi en classe est inséparable de la formation. Dans les EFA et EA partenaires, il est permanent, exigeant et durable. L'évaluation d'octobre 2005 a montré à la fois le besoin et la demande d'un soutien très rapproché. La performance des écoles cogérées par ID (‘’Lekol Panou’’) prêche dans ce sens, les résultats y sont en effet supérieurs de 50 % à ceux des autres écoles. La proximité du CAP et des conseillers pédagogiques est une des raisons de cette réussite.
Un Conseiller Pédagogique (C.P.) est attaché à chaque EFA et a sous sa responsabilité 5 à 6 écoles, soit au total une cinquantaine de maîtres sous sa supervision. D’une manière générale le CP intervient dans une relation d’aide et de soutien auprès du personnel des écoles d’une zone ainsi que des acteurs impliqués dans le contrat de performance. Le suivi des enseignants est réalisé pour l’ensemble des thèmes de formation y compris ceux qui concernent la santé et l’environnement. Le CP supervisera 20 leçons par semaine de classe soit une quinzaine de leçons par maître et par année.

Résultat 2 : Les acteurs communautaires, institutionnels et associatifs de l'école s'engagent dans l'amélioration de son fonctionnement

2-1 Impliquer tous les acteurs de l’école autour d’un contrat de performance

Pour améliorer la qualité de l’éducation, le travail collectif de l’ensemble de la communauté scolaire et l’ouverture de l’école sur son milieu sont déterminants. Cela nécessite une véritable prise de conscience de tous les acteurs sur l’importance de leur participation dans la gestion de l’école.

Dans chaque école, il faut sensibiliser et intégrer dans le comité de gestion des parents, des élèves et des membres de la communauté et définir avec eux les rôles et missions qu'ils peuvent jouer au sein des comités d'écoles.

Un contrat de performance qui précise les responsabilités de chacun des acteurs locaux est négocié et signé dans chacune des écoles partenaires (EFA et EA). Il précise également les conditions d’accueil des enfants vulnérables ou les mesures prises en faveur de la scolarisation des filles. La signature et le respect des termes du contrat conditionnent les actions du programme au bénéfice de ces écoles.

Concrètement, une fois ce contrat signé, il est fait appel aux uns et aux autres pour participer au suivi du respect des termes. Le suivi du respect de certains engagements, comme le respect du calendrier scolaire, la présence des maîtres à l’école, ou le respect des âges de scolarisation doit être assuré par tous les acteurs. Les Conseillers Pédagogiques du programme attachés aux EFA sont chargés du contrôle de ce suivi dans leur EFA d'attachement et dans les EA. Un atelier est organisé une fois par an dans chaque école pour établir de façon participative le respect des engagements pris.

2-2 Renforcer les capacités de l’Inspection Scolaire

L'inspection scolaire est plus particulièrement assistée dans deux de ses missions, considérées comme prioritaires.

Tout d'abord, nous aidons l’Inspection Scolaire à remplir son rôle pédagogique dans le district. L’Inspection scolaire ne dispose pas actuellement des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires pour la mise en œuvre d’actions pédagogiques. Une dotation de fonctionnement est négociée annuellement dans cet objectif.

Nous souhaitons ensuite renforcer le système d’information de l’Inspection Scolaire. Très peu de données fiables sont actuellement disponibles sur le district scolaire. Il s'agit concrètement de définir les informations utiles et nécessaires, de définir un mode de collecte de ces informations et de traiter ces informations, de former les différentes personnes ressources, d’analyser les informations recueillies et de diffuser ces informations. Ces informations sont utiles à une meilleure connaissance de la situation de l'école dans le Nord Ouest et par conséquent à l'élaboration d'actions mieux ciblées.

2-3 Former et accompagner les comités de gestion des écoles et les directeurs

La mise en place d’une école nouvelle, ouverte sur la communauté exige une transformation profonde du mode de fonctionnement et un nouveau style de direction. La fonction de directeur ne saurait se cantonner à la tenue des registres et à un suivi distant des maîtres. L’école a besoin de l'implication des parents, des communautés ; elle a besoin de ressources matérielles et humaines nombreuses pour être en mesure de lutter efficacement contre l'échec scolaire et les abandons. Ensembles, ils doivent être responsables de toutes les activités organisées dans l’école et de la gestion administrative et pédagogique.

Pour aider les directeurs et les comités à mener à bien leurs missions, un plan de formation est mis en œuvre.
Des outils de suivi d’indicateurs sont constitués afin de faciliter et d’homogénéiser le suivi administratif dans les différentes écoles partenaires. L’appropriation de ces outils par les directeurs et comités a fait l’objet d’une formation.

Les projets d'écoles constituent un autre moyen de mobiliser l'ensemble des acteurs de l'école au profit des enfants. L’expérience nous a montré que les actions des comités se sont le plus souvent concentrées sur des activités d’infrastructures. Les activités administratives et pédagogiques relèvent exclusivement aux yeux des familles de la compétence des directeurs et des maîtres. Les comités sont encouragées à s'impliquer d’avantage dans des projets à caractère éducatif. Ils peuvent avoir une dimension environnementale, civique, hygiénique, sanitaire... Les projets une fois élaborés, sont soumis à une commission de validation composée des représentants de l’Inspection scolaire, des écoles et du programme. Une aide financière et technique à la réalisation de ces projets est alors apportée.

2-4 Soutenir financièrement et matériellement les écoles

Une subvention de fonctionnement est attribuée à chaque école partenaire. Elle sert à encourager financièrement les maîtres et à acheter les fournitures indispensables au bon fonctionnement de l’école en complément des écolages.

Les EFA qui disposent d’un cycle complet de 12 classes et d’une responsabilité de formation reçoivent une subvention plus conséquente et sont dotées prioritairement en mobiliers scolaires neufs (tables et chaises en remplacement des tables-bancs).
L’harmonisation des conditions d’enseignement entre EFA et EA se fait progressivement en fonction des ressources financières complémentaires mobilisées par notre partenaire ADEMA à travers un système de parrainages.
Toutes les écoles reçoivent un kit minimum identique de matériel didactique (planches thématiques, cartes géographiques, matériel de géométrie, dictionnaire, encyclopédie, globe terrestre…).

Dans le but de cultiver le goût de la lecture et de l’écriture chez les élèves, les maîtres et la communauté, un centre de ressources a été ouvert à l’EFACAP de Jean Rabel. Il offre les services suivants :
- une librairie scolaire fournit les manuels scolaires et quelques fournitures à l’ensemble des écoles du district scolaire. Les manuels sont subventionnés, pour les écoles partenaires. Compte tenu de la subvention gouvernementale (dans la mesure où elle sera renouvelée) les livres y sont vendus à très bas coût.
- une Bibliothèque Centre de Documentation (BCD) dotée de 6.000 livres est ouverte aux enfants, aux enseignants et à la population en général. Elle compte 900 abonnés payants et plusieurs clubs de lecture.
- une salle multimédia équipée de 10 ordinateurs connectés à Internet est en cours d’installation.
De nouvelles activités liées à la lecture sont initiées (dans l’emploi du temps de l’école d’application, une leçon hebdomadaire sera réservée à la bibliothèque). Une nouvelle dotation de livres par Livres sans Frontières est prévue. Si la salle multimédia est prioritairement destinée à l’ENI-NO, elle pourra aussi être utilisée par des enseignants volontaires avec leurs élèves.
Un centre de ressource plus modeste est en cours d'installation dans chacune des deux autres EFA.

Suivant le résultat de l’évaluation interne du Programme, l’introduction du cycle préscolaire dans une école a un effet positif sur la qualité de l’enseignement. L’âge moyen des élèves ayant effectué le cycle préscolaire est plus faible de 1,39 an. L’introduction du préscolaire diminue donc la proportion de sur-âgés dans les écoles. Le résultat des tests de niveau réalisés lors de cette évaluation a montré que les élèves des écoles du programme ayant un cycle préscolaire sont plus performants (+13%) que ceux n’ayant pas suivi de cycle préscolaire (mesure en début de troisième année fondamentale sur les acquis des deux premières années fondamentales).

Aussi, nous encourageons la création ou l’extension de cycles préscolaires dans toutes les écoles partenaires : campagne de sensibilisation à travers les radio communautaires, préparation d’un module de formation sur la transition préscolaires / 1re année du Fondamental, organisation de formations initiales et continues pour 60 moniteurs préscolaires, dotations en matériel didactique et mobilier scolaire, mise à disposition des CP et des EA d’un coordinateur technique spécifique.

Pour la formation continue des moniteurs nous avons établi un partenariat avec le Centre d’Education Spéciale (C.E.S.), organisme spécialisé dans le domaine de la petite enfance. Une centaine de moniteurs ont déjà été formés sur la zone par le C.E.S. Des pourparlers sont en cours avec le C.E.S. en vue d’installer un bureau régional dans le Bas Nord-Ouest afin de répondre aux besoins en éducation préscolaire sur la zone.

2-5 Impliquer les écoles dans des actions de promotion de la santé et de protection de l'environnement

Enfin le programme prévoit de travailler en partenariat avec les acteurs de l'école afin de promouvoir la santé et la protection de l'environnement. Notre intervention consiste à doter les écoles de certains moyens (latrines, point d’eau potable...), puis à former et sensibiliser les acteurs sur ces problématiques, notamment par le biais de manifestations spécifiques. Enfin, des clubs santé et des clubs environnement sont proposés aux enfants pour qu’ils puissent se responsabiliser et s’impliquer sur ces questions dans la durée. Les activités sont supervisées par les CP avec l’appui d’une coordinateur technique Santé Scolaire.
Les enfants des écoles partenaires sont déparasités systématiquement et gratuitement deux fois par an.

Résultat 3 : Un nombre croissant d'enfants en situation d'exclusion scolaire ou de grande vulnérabilité sont accueillis dans les écoles partenaires

3-1 Identifier et accueillir les enfants vulnérables dans les écoles partenaires

Depuis 1999, le programme a initié une action de scolarisation des enfants en situation de grande vulnérabilité (enfants en domesticité, orphelins, filles déscolarisées…). Trois cents enfants bénéficient de ce dispositif et sont scolarisés dans l’une des deux « Lékol panou » . L’expérience nous a monté qu’une école indépendante accueillant des enfants en difficulté sociale peut fonctionner avec un haut niveau de qualité moyennant une aide à son fonctionnement.
Nous souhaitons offrir davantage de places à cette catégorie d'enfants : dans un premier temps cela se fera principalement au sein des trois EFA puis progressivement dans l’ensemble des Ecoles Associées. En fin projet, 1.000 enfants seront concernés.
Les enfants sont identifiés à partir d’enquêtes sociales. Leur accueil par les écoles détermine l’importance du soutien financier apporté par ID/ADEMA. Cela suppose d’augmenter la dotation de fonctionnement des Ecoles Associées, les familles «d’accueil » de ces enfants Restaveks n’étant généralement pas en mesure ou disposées à payer les frais d’écolage.

3-2 Assurer un suivi social de ces enfants

La scolarisation d'une telle catégorie d'enfants nécessite un suivi particulier, c'est pourquoi un système de veille sociale et familiale a été développé de manière à réduire l'absentéisme, les abandons mais aussi pour traiter les problèmes sociaux, psychologiques et sanitaires. Tous les enfants, mais en particulier les plus démunis bénéficient de ce travail de veille.
Un travailleur social a été recruté pour mettre en place les outils et les procédures requises au niveau de l’équipe programme.




Contacts :

Responsable de Programme :
Mausert FRANCOIS : m.francois@id-ong.org
Tel : (+509) 258 59 80

Chef de Secteur Haïti
Isabelle FAUCON : i.faucon@id-ong.org
Tel : (+509) 554 63 50 / 799 96 27

Responsable de pôle éducation
Christophe BARRON : c.barron@id-ong.org
Tel : (+33) (0/5 49 60 89 66

Fiche actualisée le 9/11/07