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Ile d'Anjouan (Comores) :
Renforcement des activités de l’association CAP en direction de la mère et de l’enfant.


Implantation géographique :
î le d'Anjouan, Union des Comores

1/ Villages de Koni Djojo et Koni Ngani dans la région de Domoni;
2/ Villages de Mramani, Dziani, Hantsahi et Niamambro dans la région du Nyumakélé
3/ Village de Jimilimé dans la région de Ouani

Historique du programme :

ID (Initiative Développement) et CAP (Collaboration Action Pérennisation) travaillent en partenariat depuis la création de CAP en 1999 à la réalisation de programmes de développement sur Anjouan. Ce partenariat s’est traduit par un appui technique de ID dans le domaine de l’éducation et de la mise en œuvre des programmes de CAP, l’appui – conseil à la structuration de CAP, la mise en place d’une comptabilité analytique et le contrôle des comptes, le financement du programme éducation, la mise en relation de CAP avec des bailleurs de fonds locaux.

CAP est aujourd’hui l’une des plus importantes associations comoriennes en nombre de salariés (15 salariés à plein temps en 2005) et de budget de fonctionnement.
Depuis 2003, les actions de CAP se sont concentrées dans le domaine de la santé et de l’éducation avec le soutien à 4 écoles primaires, la restructuration de 3 postes de santé et le développement d’un programme de lutte contre la malnutrition.

Ce nouveau projet a pour objectif :
- De renforcer les capacités de CAP, aussi bien dans les aspects administratifs qu’opérationnels
- D’améliorer les actions de CAP en matière de santé de la reproduction et de prise en charge du jeune enfant grâce :
- De développer d’un réseau de 3 maternités rurales (qui desservent une population totale de 24 000 personnes, soit 5 000 femmes en âge de procréer),
- De poursuivre des actions du Centre Nutritionnel Thérapeutique basé à Domoni (100 enfants hospitalisés chaque année),
- D’encadrer au niveau pédagogique et structurel de 4 écoles, scolarisant une population de 1 800 enfants.

CAP a été créé en 1999 à l’initiative de deux cadres comoriens : un médecin de santé publique qui est le responsable exécutif actuel de CAP et un ingénieur agronome, toujours à ce jour membre du conseil d’administration. CAP est une organisation non gouvernementale comorienne à but non lucratif. L’Assemblée Générale de CAP est composée de 11 membres : 2 médecins de santé publique, 2 infirmiers, 2 sages-femmes, 3 enseignants et 2 ingénieurs agronomes .
Le bureau, composé d’un Président, un Secrétaire Général et un Trésorier participe à la gestion de l’association au quotidien.
Les programmes de CAP sont mis en œuvre par les salariés de l’association (15 en 2005) qui sont des professionnels de la santé (médecins, infirmiers sages-femmes), des membres du corps enseignant, des économistes, des gestionnaires… Chaque programme est conduit par un responsable de programme et une équipe d’animateurs. La coordination des programmes est assurée par le responsable exécutif de CAP assisté d’une secrétaire comptable.

CAP cible son appui envers les populations les plus démunies : familles vivant dans des milieux ruraux isolés ou jeunes de quartiers urbains. Sa démarche est d'appuyer les populations à définir, analyser et résoudre elles-mêmes leurs problèmes en entreprenant des actions adaptées à la satisfaction de leurs besoins essentiels. Ses domaines d’intervention sont : l’accès aux services de base (CAP est intervenu dans le domaine de l’accès à la santé, à l’eau et à l’éducation), la réinsertion sociale et économique des jeunes en difficulté, le développement rural (appui à la structuration des maraîchers …).

Les actions de CAP qui sont actuellement en cours sont :
- Programme d'éducation en appui au fonctionnement de 4 écoles en milieu rural
- Programme de Maternité à Moindre Risque (MMR) en appui au fonctionnement de 3 maternités rurales
- Programme de mise en œuvre de l'approche Prise en Charge Intégrée des Maladies de l'Enfance (PCIME) ciblant le programme de Nutrition à Assise Communautaire (NAC) comme porte d'entrée dans 3 districts sanitaires
CAP devrait démarrer un programme de développement local à Jimilimé, sur financement de l’AFD, courant 2006.

Objectifs du programme :

L'objectif général est de
- Contribuer à l'amélioration du Développement Intégral du Jeune Enfant (DIJE) comorien
- Contribuer au renforcement des capacités de la société civile comorienne

L'objectif spécifique est que les capacités de CAP, comme acteur de développement en direction des femmes et des jeunes enfants, sont renforcées


Public concerné :

Les bénéficiaires du premier cercle sont constitués :
- Des 889 scolarisés en maternelle, CP1, CP2 et CE1 dans les écoles de Koni Ngani, Koni Moudiria, Koni Mrémani et Limbi (80 élèves scolarisés dans 2 classes maternelle de moyenne et grande section en 2005/2006 et 809 élèves en CP1/CP2 et CE1 en 2004/2005)
- Des 17 enseignants de CP1, CP2 et CE1 des écoles de Koni et Limbi et des 4 monitrices et assistantes maternelles
- Des 300 enfants malnutris âgés de 0 à 2 ans qui passeront par le CNT au cours des 3 années du programme
- Des 800 femmes et 800 nouveaux nés qui bénéficieront des services des maternités rurales (accouchement, suivi de grossesse et post accouchement)

Les bénéficiaires du second cercle sont les 600 élèves de CE2, CM1 et CM2 des écoles de Koni et Limbi et les 15 enseignants hors dispositif, des 4 600 femmes qui bénéficieront des actions de sensibilisation du programme en matière de planning familial, des 3 500 enfants de 0 à 5 ans qui seront surveillés en matière de malnutrition …

L'équipe du programme :

1/ pour le volet maternité à moindre risque
- 1 responsable de programme santé, sage femme de formation et ancienne présidente de CAP depuis 2001
- 2 sages-femmes (une à Koni et une à Jimilimé)
- 1 animateur chargé de la sensibilisation et du lien entre les maternités et les femmes
- 1 chauffeur pour les évacuations sanitaires
2/ pour le volet nutrition
- 1 responsable de programme nutrition, chargé de l’animation des Comités NAC et suivi CNT
- 1 médecin responsable du CNT et de la supervision médicale des maternités rurales
- 1 aide nutritionniste ayant 3 années d’expérience dans le domaine
- 1 infirmière
3/ pour le volet éducation
- 1 responsable du programme éducation, enseignant et infirmier de formation et ayant assumé cette fonction depuis 2 ans et demi chez CAP
- 1 coordinateur pédagogique
- 1 animateur responsable des maternelles et référent des conseils d’école de Koni
- 1 animateur responsable du volet santé scolaire et référent du conseil d’école de Limbi
4/ pour la coordination
- 1 responsable exécutif de CAP à 3/5 temps
- 1 volontaire expatrié ayant des compétences en gestion de projet et en communication
- 1 responsable administratif et financier à ½ temps
- 1 secrétaire comptable à 1/2 temps
- 1 chauffeur
- 1 gardien et 1 agent d’entretien

Financement du programme :
Association Partage avec les enfants du monde et Ministère des Affaires Etrangères.

 

 

Résultats attendus et actions en cours :

RESULTAT 1 : CAP dispose d’une structure de gestion, de management des activités et d’encadrement des organisations de la société civile performante

1. Renforcer les capacités de CAP à travers un appui à la maîtrise d’œuvre du projet
L’appui à la structuration et le renforcement des capacités d’acteurs de développement locaux constitue un axe essentiel de notre approche du développement. Notre accompagnement est piloté par le responsable des activités d’ID aux Comores (Chef de Secteur géographique) et implique la Responsable Administrative et Financière ID ainsi qu'une volontaire expatriée en appui à CAP, tous basés sur place.

Appui à la définition d’un dispositif de suivi des programmes : formation des responsables de CAP à la gestion du cycle de projet, définition d'un dispositif de suivi des activités et des résultats du programme, amélioration des outils de planification opérationnelle et leur suivi.
Un dispositif de pilotage du projet, associant le Chef de Secteur ID et le Directeur de CAP doit être mis en place.

Renforcer le pôle finance :
La Responsable Administrative et Financière ID basée à Anjouan sera chargée d’assurer la formation continue du RAF de CAP. Une mission en année 2 de notre RAF siège sera organisée pour un appui sur la gestion financière de la structure et la préparation à la mise en place d’un logiciel comptable. Pendant les 3 années du projet, la gestion financière du programme sera assurée par le RAF de CAP avec une supervision de ID.
Appui au Responsable Exécutif et au Conseil d’Administration de CAP
Le chef de secteur Comores ID supervisera globalement la mise en œuvre du projet et appuiera la direction exécutive de CAP dans l’amélioration de sa gouvernance, notamment avec la mise en place d’un conseil de direction.

2. Appuyer la structuration et le renforcement des capacités des comités de gestion d’école et des postes de santé
Les membres des comités de gestion suivis par le programme bénéficieront d’un accompagnement du programme, de manière à les responsabiliser et à leur fournir les moyens d’assumer leur rôle dans le fonctionnement des écoles et des postes de santé.
Ces comités sont déjà en place dans toutes les structures. Au niveau des postes de santé, ils sont chargés de la gestion financière du poste de santé, notamment de la pharmacie (cas de Koni et de Jimilimé). Ils achètent les médicaments, contrôlent les mouvements de caisse, paient le pharmacien, procèdent à des inventaires de stock. Ils collectent les recettes des consultations faites par le personnel médical, gère un compte ouvert à la caisse Sanduk et établissent les comptes du poste de santé. A Mramani, le poste de santé n’a pas installé de pharmacie car il en existait déjà une au village, tenue par le médecin chef de l’hôpital de district de Mrémani.

A Jimilimé, le comité de gestion assure bien ses fonctions mais un suivi et de nouvelles formations doivent être maintenus par CAP.
A Koni et à Mramani il s’agira de réorganiser les comités qui jusqu’à ce jour sont peu fonctionnels.
Au niveau des conseils d’école, la formation des membres à la gestion du fonctionnement de l’école a déjà eu lieu. Un suivi se poursuivra et des seront apportées pour un meilleur entretien des bâtiments des écoles et la construction de salles de classe supplémentaires, qui sont indispensables vu l’augmentation du nombre d’enfants à scolariser.
Les comités NAC n’ont pas de rôle en matière de gestion. Ils ont été créés pour soutenir le travail de dépistage et de sensibilisation envers la malnutrition dans les villages. Nous en parlerons dans le résultat 3.

3. Appuyer la mise en place d’un cadre de partenariat entre CAP – comités de gestion/conseil d’école et professionnels
La volonté de renforcer le rôle des comités dans la gestion de l’école et des postes de santé nécessite d’être accompagnée d’un travail de redéfinition pour mettre en place une nouvelle forme de collaboration entre CAP et comités de gestion.
En effet, nous nous sommes rendus compte de la complexité de la tâche de gestion qui est donnée aux comités, alors que ceux çi sont bénévoles et n’en ont pas forcément les compétences. Dans certains villages, on peut obtenir de bons résultats mais dans beaucoup d’autres nous pensons qu’il est vain de vouloir faire tout porter aux comités. Il est possible que les comités ne puissent pas se passer du travail que fait CAP actuellement dans le suivi, le contrôle et le renforcement de ces comités, d’autant plus que nous souhaitons le renforcer au cours des 3 prochaines années pour améliorer la qualité des services. D’autre part, CAP prendra de plus en plus de responsabilités vis à vis de la gestion dues professionnels des postes. Aussi, il faudra re préciser le rôle de chacun notamment en ce qui concerne les postes de santé et les conseils d’école et aboutir à une contractualisation de façon à rendre plus clair et transparent les devoirs et attentes de chacun.


RESULTAT 2 : Un dispositif de prise en charge intégré des grossesses est mis en place dans 7 villages (24 000 habitants)

1. Equiper les maternités rurales en matériel et fournitures
Trois maternités rurales ont déjà été mises en place par CAP dans les postes de santé de Koni, Mramani et Jimilimé et bénéficient d’un équipement de base (table d’accouchement, balance..) qui doit être complété pour permettre une meilleure prise en charge de la maternité (cf liste en ANNEXE 10) :
- Eclairage pour assurer les accouchements de nuit : équipement des postes en lumières Pétromax et fourniture en pétrole ; raccordement au réseau électrique si possible.
- Matériel de consultation
- Matériel obstétrical : ventouses…
- Matériel et fournitures permettant d’assurer l’hygiène : gants, masques, incinérateur…
- Mobilier de classement pour les dossiers obstétricaux
- Matériel de soins des bébés : ambu, aspirateur à pédales, lits de bébés,
Le service infirmerie du poste de santé de Mramani sera réhabilité.

2. Assurer la continuité du service

Réorganisation du fonctionnement des services dans les postes de santé
L’équipe du poste de santé de Jimilimé sera complétée par le recrutement de la sage femme bénévole qui exerce déjà au poste depuis son retour de formation (deux sages femmes sont déjà en poste dans les maternités de Koni et de Mramani).

Pour pallier au manque de motivation du personnel, il est prévu de mettre en place un fonds de roulement qui garantira le paiement régulier des salaires, y compris ceux des fonctionnaires (postes d’infirmiers, non compris aide soignant). Une convention sera signée avec le ministère de la Santé qui garantira le remboursement de ces avances à CAP, au moment des paiements des salaires des fonctionnaires. Un cahier des charges sera élaboré avec la participation du personnel et des comités de gestion pour définir dans quelles conditions ces avances sur salaires seront versées et dans quelles conditions elles pourraient être supprimées.
Des indemnités pour heures supplémentaires seront proposées au personnel de garde de nuit ou durant le week end.

Un travail de redéfinition et de clarification du rôle du poste de santé en terme de prise en charge de la maternité / suivi du jeune enfant dans l’architecture générale du système de santé sera réalisé. Ceci de manière à préciser l’étendue des services et des responsabilités assumées par le personnel (élaboration d’une fiche de poste pour les infirmiers et les sages femmes) pour y inclure notamment la fonction d’accouchement ou le développement de services non pratiqués actuellement comme la consultation post partum (à 8 jours après l’accouchement) et la Consultation Mère Nourrisson (CMN) qui ont chacune été abandonnées depuis plusieurs années.
Un règlement intérieur doit permettre de formaliser les règles de fonctionnement du poste de santé et de son personnel : horaires, congés, gardes …

Le suivi du respect des engagements sera réalisé par la responsable du programme, sage femme de formation et le comité de gestion.

Elaboration de procédures
Des réunions avec le personnel des 3 postes de santé seront organisées pour définir en commun des procédures médicales comme les modalités d’évacuation des urgences obstétricales vers l’hôpital de Hombo (critères d’évacuation, outils, feed-back), dans quel cas utilise - t - on ou n’utilise - t - on pas le parthogramme, quel examen doit on pratiquer à l’occasion d’une consultation mère nourrisson … Elles existent pour certaines d’entre elles mais devront être revues et acceptées par tous. Dans d’autres cas, il faudra complètement les créer et on associera à ce travail le médecin gynécologue (le seul en activité sur l’île).
L’utilisation des outils de suivi des grossesses et des accouchements devra aussi être revue.

Former et superviser le personnel para-médical
Les sages femmes et infirmiers/ères des postes de santé seront formés par un médecin gynécologue obstétricien au dépistage des urgences obstétricales (création et utilisation des outils pertinents). Il peut être organisé, avec l’accord du Directeur de l’hôpital de Hombo, pour ce personnel des gardes de manière à travailler au côté du médecin obstétricien et à pratiquer ce qui aura été vu en formation. Nous insisterons pour que les infirmiers aient un niveau de pratique équivalent à celui des sages femmes afin d’assurer la permanence d’un personnel qualifié au service de maternité.

Des sessions de suivi - formation mensuelles des sages femmes/infirmiers seront animées par la Responsable de programme pour améliorer leur pratique professionnelle : accueil, comportement, écoute, mise en confiance des patientes… etc. Nous souhaitons également encourager la création d’un réseau de sage-femmes en milieu rural à travers l’organisation de visites et de rencontres d’échanges entre les maternités.
Le programme prévoit de recruter un médecin pour le Centre de Nutrition Thérapeutique (CNT) qui assurera régulièrement une supervision médicale du travail réalisé par le personnel des maternités rurales.

Référencement du village à l’évacuation
Nous prévoyons de mettre en place un système de référence à deux niveaux :
- Du domicile vers le poste de santé :
Un animateur sera recruté et formé (par le volontaire expatrié mis à disposition de CAP) pour réaliser un travail d’information et de sensibilisation auprès des communautés, mais aussi de veille / suivi à domicile des femmes enceintes, qu’il réfèrera si nécessaire au poste de santé. Il sollicitera les associations féminines, très présentes dans les villages, pour toucher les femmes et les inciter à participer aux activités des maternités.
- Du poste de santé vers l’hôpital de Hombo pour les urgences obstétricales :
En ce qui concerne les moyens logistiques, un véhicule d’occasion sera mis à disposition de la maternité de Koni. Le véhicule sera également utilisé dans le cadre des activités scolaires du projet pour transporter les enseignants. A Mramani, un partenariat avec l’ambulance du district de santé dont dépend Mramani doit être défini. Sur Jimilimé, il faudra attendre la construction de la route en 2006 pour rendre ce service effectif. Nous pourrons ensuite utiliser le véhicule de Koni ou passer une convention avec un taxi pour assurer une permanence.
Les sages femmes et les infirmiers/res de garde seront équipés de cartes et de téléphones portables.
Enfin, une convention doit être négociée avec l’hôpital de Hombo et le Ministère de la santé pour obtenir une diminution du prix des interventions chirurgicales prises en charge par le programme.

3. Mettre en place un système de paiement des prestations (actes et soins) au forfait
Un forfait unique sera demandé aux femmes enceintes lors de leur première consultation au poste, qui inclura 3 consultations prénatales à suivre, une échographie, un examen du groupe sanguin pour les primipares, les médicaments, l’accouchement, ainsi que les éventuelles évacuations et interventions chirurgicales. Ce système est destiné à encourager les patientes à se faire suivre régulièrement jusqu’au terme de leur grossesse, sans que le coût ne constitue un obstacle.
Un fonds social sera constitué par le programme pour prendre en charge la grande partie des soins ainsi que la totalité du coût des références à l’hôpital de Hombo (évacuations, interventions chirurgicales et médicaments).


RESULTAT 3 : L’action du Centre de Nutrition Thérapeutique (CNT) accueillant les enfants en état très grave de malnutrition est renforcée

1. Améliorer la qualité des services offerts par le Centre de Nutrition Thérapeutique
L’équipement dont bénéficie le CNT devra être en partie renouvelé ou complété : équipements de cuisine, jouets et équipements ludiques, draps, vêtements pour les enfants, nattes…
Le fonctionnement actuel du CNT doit être revu de manière à améliorer le service :
- Réorganisation de l’équipe : recrutement d’un médecin responsable du Centre et d’une infirmière en appui à la nutritionniste déjà en poste.
- Formation ou recyclage du personnel : un médecin malgache viendra former l’équipe du centre sur l’application d’un nouveau protocole (seulement 2 semaines au CNT au lieu de 4 semaines dans l’ancien protocole) de prise en charge de la malnutrition actuellement en vigueur à Madagascar.
- Elaboration d’un règlement intérieur
- Diagnostic et définition des améliorations à apporter au service : recueil de données statistiques, révision des outils, emploi du temps …
Notre objectif est d’arriver à la prise en charge nutritionnelle et thérapeutique de 100 enfants par an (accompagnés d’un membre de leur famille) au Centre. Un suivi à domicile des enfants pendant 9 semaines suivant leur sortie du centre (donnée de l’ancien protocole) sera ensuite assuré par les comités NAC (membres impliqués dans le suivi au village, s’assure que la famille suit les conseils et la ration), et le médecin du CNT (suivi au CNT 1 fois par semaine : contrôle du poids, médical, distribution ration sèche : lait, maïs, sucre, huile) .


2. Assurer un dépistage des enfants malnutris et un suivi des familles efficaces
Nous nous concentrerons dans le cadre de ce programme à la surveillance des enfants de 0 à 5 ans des villages desservis par les maternités, à savoir Jimilimé, Koni Dojo et Koni Ngani, Mramani, Dziani, Niamambro et Hantsahi. Des comités NAC existent déjà dans ces 7 villages. Ils sont constitués souvent de jeunes de la communauté. Ces comités sont chargés de :
- Organiser mensuellement des pesées et la surveillance du périmètre brachiale des enfants de 0 à 5 ans,
- Référer les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère au CNT,
- Vérifier le statut vaccinal de chaque enfant,
- Conseiller et suivre les enfants mal nourris (2 visites par mois),
- Fournir à tous les enfants présents aux séances de pesées une supplémentation en micronutriments (fer, vitamine A) – fournie directement par l’UNICEF,
- Procéder au déparasitage périodique des enfants,
- Faire la promotion du planning familial, de l’allaitement maternel exclusif, de la vaccination, de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d'insecticide, de l’utilisation de la SRO en cas de diarrhées.

Des formations seront adressées aux membres des comités NAC tant sur l’animation que sur les connaissances à avoir pour améliorer la qualité du dépistage, du conseling et du suivi. Cette activité sera encadrée par le responsable nutrition de CAP. Il s’assurera entre autres que les comités ont une couverture effective de tout le village, que le conseil aux femmes et approprié et que les pesées et les visites à domicile sont de bonne qualité. C’est lui qui assurera la coordination entre le CNT et les comités NAC.

L’un des préalables à l’action de CAP dans les communautés était qu’elles acceptent de prêter aux comités NAC une pièce pour qu’ils puissent tenir leurs réunions et stocker du matériel. Il est prévu de les doter de balance pour les pesées et d’un minimum de mobilier.

RESULTAT 4 : Quatre écoles (1 800 enfants) bénéficient d’un appui matériel et d’un encadrement pédagogique innovant ciblé sur le cycle maternelle et les trois premières années du cycle fondamental

1. Mettre en place d’un cadre de travail rigoureux
Mettre en place un dispositif de réussite scolaire
En partenariat avec le programme ID, un dispositif sera testé en année 1 du programme et reconduit les années suivantes si le but escompté est atteint. Deux conventions ont été préparées, avec le ministère de l’éducation et les conseils des écoles pilotes ainsi qu’un cahier des charges entre les conseils d’écoles et les enseignants du CP1 des écoles de Limbi et de Koni, du CP1 et du CP2 pour la deuxième année et du CP1, CP2 et CE1 pour l’année 3 (ces 3 groupes d’enseignants sont appelés « enseignants du dispositif »). Un fonds de roulement sera mis en place par CAP auprès des conseils d’écoles de manière à ce que les conseils d’école versent aux enseignants du dispositif des avances sur salaires. Le Ministère de l’Education Nationale s’engagera à verser aux conseils d’école (à ID en année 1 le temps de roder le dispositif) l’équivalent des salaires, en même temps qu’il versera les autres salaires des fonctionnaires. Les conventions pourront être interrompues à tout moment, si le Ministère ne respecte pas ses engagements. Le fonds de roulement sera donc reconstitué au fur et à mesure, par les paiements du Ministère, ce qui assure la pérennité de la démarche.
Pour mieux maîtriser l’assiduité des enseignants, il est prévu un système pénalisant en cas de non respect des cahiers des charges par les enseignants.

Accompagner la bonne tenue des outils de suivi administratif de la scolarité dans les maternelles et le primaire
A la rentrée scolaire, les outils de suivi de la scolarité (registre d’appel …) seront distribués. Les directeurs seront sensibilisés ou formés à leur utilisation. Un suivi de la bonne tenue des outils sera effectué par le responsable du volet scolarisation.
L’appui du programme portera aussi sur les autres fonctions administratives du directeur : le suivi de l’assiduité des maîtres, de leur présence en classe, de l’assiduité des élèves, de l’entretien et de la protection des bâtiments et du matériel didactique, la résolution de problèmes divers au sein de l’école …

Améliorer l’équipement des classes suivies par le programme
Nous prévoyons de réhabiliter six salles de classe à Koni et Limbi et d’équiper l’ensemble des classes de CP1 et CP2 en mobilier adapté.
Un kit de démarrage (cahier journal, fiches de préparation, craies, papier kraft, marqueurs, etc) sera distribué aux enseignants. Les élèves recevront des cahiers et des crayons.

Pour les ouvrages didactiques des enfants, il est prévu d’en acheter ou de faire des photocopies pour les écoles qui n’en ont pas suffisamment. En effet, les livres scolaires n’ont été qu’en partie renouvelés il y a 2 ans par le projet Education III de la Banque Mondiale. Le programme reprendra la production des panneaux imagés du flamboyant utilisés dans les classes de CP1 et CP2.
Le fonds de la biblio-malle qui circule entre les écoles du programme sera complété par de nouveaux ouvrages. Nous prévoyons également de doter les écoles de fournitures (peinture, papiers..) pour introduire un temps consacré aux arts plastiques dans l’emploi du temps des élèves.

Appui logistique à la CIPR
Le dispositif d’avances sur salaires concernera également l’inspecteur de la zone et le conseiller pédagogique de la CIPR. Le conseiller sera associé aux formations animées par le GREF et il lui sera demandé d’assurer un suivi effectif des enseignants des écoles hors dispositif, à travers des visites en classe régulières et l’animation des conseils des maîtres tous les vendredis.
Le programme poursuivra son appui au fonctionnement de la CIPR : transports, fourniture.

2. Améliorer les pratiques pédagogiques des enseignants en classes
Développer un programme de formation pédagogique des enseignants de CP1/CP2/CE1

La formation des enseignants de CP1 et CP2 et CE1 sera assurée par le GREF (Groupement de Retraités Educateurs sans Frontière) en même temps que celle des enseignants du Nuymakélé (programme éducation ID). Elle mettra l’accent notamment sur :
· Le respect du programme scolaire et de l’emploi du temps. Les enseignants du dispositif auront pour obligation de respecter les horaires et le nombre de jours prévus par le programme scolaire,
· La lecture pour les classes de CP (ateliers de lecture, utilisation des livres de mini bibliothèques, coins lecture, de mallette pédagogique),
· La pédagogie active, c’est à dire la nécessité de faire faire à l’enfant plutôt que de faire à sa place,
· L’éducation à la culture scientifique et à la santé (utilisation du livre champion en sciences),
· Les activités d’arts plastiques, de correspondance et d’exercices, qui sont autant de supports pour appliquer la pédagogie active,
· La liaison maternelle – CP1,
· L’éthique professionnelle.
Les programmes de formation de CP1, CP2 et CE1 seront montés en conformité avec les instructions officielles et la révision des curricula prévue dans le Plan Directeur de l’Education.


Accompagner les enseignants (CP1, CP2 et CE1) dans la mise en pratique des formations et l’exploitation des tous les outils
Le suivi post – formation des enseignants du dispositif sera conduit par le coordinateur pédagogique de CAP (à recruter). Il effectuera des visites en classe pour observer la pratique des maîtres, la réaction des enfants et conseiller les enseignants. Une grille d’observation en classe a déjà été proposée par le GREF.
Par ailleurs la participation des enseignants au réseau de l’APEP continuera d’être encouragée par le programme, notamment par la prise en charge des frais de déplacements des enseignants qui se rendent aux réunions du réseau. Plusieurs enseignants de Koni participent déjà activement au réseau.

Evaluer et analyser les résultats scolaires des enfants
L’UNICEF dans le cadre de sa coopération avec l’Union des Comores a mis à disposition du Ministère de l’Education des outils pour suivre la scolarité des élèves et aider à la gestion des écoles. Le programme souhaite participer à la diffusion de ces outils dans les écoles où il travaille. Chaque enfant de maternelle et de CP1 sera doté d’un livret scolaire, qui le suivra tout au long de sa scolarité.
Une réflexion globale sur le mode d’évaluation des élèves sera menée en année 1 avec le programme ID, le GREF, la CIPR et l’APEP. On déterminera à l’issue de cette réflexion un mode opératoire pour la réalisation des tests (par l’APEP, par les enseignants …).
Enfin, nous faciliterons et accompagnerons les enseignants dans l’exploitation des notes obtenues par les enfants en favorisant le débat lors des conseils des maîtres (en présence des directeurs d’école) et des discussions avec les parents d’élèves.

Promouvoir la pratique de la langue française dans les écoles
La pratique du français par les enseignants et les enfants reste problématique. Les enseignants dans leur majorité ont encore des difficultés à s’exprimer à l’oral et font beaucoup de fautes à l’écrit. Dans ces conditions, il est prévu d’organiser des sessions de remise à niveau des enseignants en partenariat avec un organisme compétent en Français Langue Etrangère.

3. Organiser des classes maternelles pour les enfants dès l’âge de 4 ans
L’équipement pédagogique de l’école maternelle de Koni devra en partie être renouvelé ou complété (livres cartonnés notamment). Des goûters seront introduits dans l’emploi du temps de la journée.
La formation continue des monitrices et de leurs assistantes sera assurée lors des 2 missions annuelles des formatrices du GREF ainsi que lors des regroupements réguliers avec les monitrices du programme ID, animés par la coordinatrice préscolaire ID et l’animateur de CAP chargé du suivi pédagogique des monitrices.
Le programme accompagnera le conseil d’école dans l’amélioration du fonctionnement des maternelles à travers notamment l’élaboration d’un règlement intérieur.
L’animateur chargé du préscolaire devra continuer le travail déjà mené de sensibilisation auprès de la communauté de Koni sur l’intérêt de la pré scolarisation. Des rencontres avec les parents seront également organisées dans cet esprit deux fois par an.

4. Développer des activités de santé à l’école
Organiser une action de veille sociale pour les enfants absents ou ayant abandonné l’école – suivi des absences
En collaboration avec la CIPR, les directeurs et les enseignants, un animateur du programme est chargé de repérer dans les classes du programme les enfants absents depuis plus de cinq jours. Après échange avec l’enseignant concerné, l’animateur peut effectuer une visite au domicile de l’enfant pour s’entretenir avec les familles et identifier les raisons de ces absences et envisager avec eux des solutions.

Conduire des actions curatives auprès des enfants scolarisés dans les écoles du programme
Les enseignants des écoles du programme recevront une formation de 2 jours, animée par le responsable du volet éducation, infirmier de formation et l’infirmier du poste de santé de Koni sur l’hygiène et les maladies de la peau. Les enseignants seront ensuite chargés de traiter leurs élèves atteints (gale, teigne, plaies) pour les cas les plus bénins ou de les référer au poste de santé pour les cas les plus graves. Ils seront alors pris en charge par l’infirmier.
Des séances de déparasitage des élèves au Mébendazole seront organisées deux fois par an par l’animateur santé scolaire et l’infirmier du poste de santé.

Sensibiliser les parents, les élèves et la communauté à l’hygiène (propreté individuelle, environnementale et alimentaire)
Ce travail de sensibilisation s’appuiera en partie sur la constitution et la formation de Comités Enfants Santé (CES) composés d’élèves volontaires des écoles du programme et chargés de diffuser l’information auprès de leurs camarades, de leur famille ou de leur quartier par un travail d’animation (théâtre, chants..).
Des journées de nettoyage dans les écoles seront organisées par l’animateur santé scolaire et les comités afin d’encourager la propreté de l’environnement scolaire.
Les écoles du dispositif seront toutes équipées de matériel de nettoyage.


Contacts :


Dr. Souleimana ABOUBACAR, Directeur de CAP :
tél : 00 269 71 12 62
Mail : cap@snpt.km

Pour le volet santé : Stéphanie Boucher, Responsable du pôle santé

Mail : s.boucher@id-ong.org

Pour le volet éducation : Christophe Barron, Responsable du pôle éducation
Mail : c.barron@id-ong.org

Page actualisée le 19/01/07