| Ile d'Anjouan (Comores) :
Programme d'Appui à la Gestion de l'Eau aux Comores (PAGEC)
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Une fontaine individuelle
réalisée par le programme à Koni Djodjo
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Implantation géographique :
Le programme intervient sur les îles d'Anjouan et de Moheli
mais uniquement en zone rurale. La plupart des réalisations
hydrauliques ont été faites, au cours des dernières
années, dans le département du Nyumakele (zone première
d'intervention du projet). Contexte
du programme :
Aux Comores 13% seulement de la population a accès à
une eau salubre. L'épidémie de choléra
qui a frappé Anjouan en 2000 (près de 4 000 cas et
100 morts pour 250 000 habitants) en illustre tristement les conséquences.
La population anjouanaise et mohélienne est donc confrontée
à un problème de qualité de l'eau (sources
non aménagées ou non protégées, réseaux
de distribution fortement dégradés).
Les ressources en eau sont mal réparties et en diminution
les Comores bénéficient globalement d'une bonne
pluviométrie (elle dépasse les 2 mètres par
an en moyenne). 90% de sa population s'approvisionne en eau à
partir d'un réseau d'adduction. Mais cette situation générale
dissimule de nombreux problèmes :
· Le phénomène de déforestation engendre
une forte diminution de la ressource en eau. En 35 ans, les
¾ des rivières permanentes ont disparu à Anjouan
; et le même sévit à Mohéli.
· 99% des eaux consommées sont non potables. Hormis
les ressources souvent polluées par des déjections,
l’eau stockée dans les foyers est toujours contaminée
par manque d’hygiène.
· La ressource en eau est inégalement répartie.
Une même source dessert souvent plusieurs villages
et les villages en fin de réseau ne reçoivent que
de faibles quantités d'eau,
· Les nappes souterraines ne sont pas exploitables à
Anjouan, comme l'a montré une étude hydrogéologique
financée par ID en juillet 2001. Seule l'eau de surface
est donc utilisable par les habitants d'Anjouan. A Mohéli,
quelques nappes souterraines sont captées, mais elles sont
peu productives.
Les réseaux d'adduction d'eau n'ont pas été
gérés, faute de structures de gestion communautaire
Dans la plupart des villages, les réseaux d'adduction
d'eau sont anciens et très dégradés et plus
des trois quarts des réseaux à Anjouan doivent être
réaménagés pour que les besoins d'eau de la
population en quantité, en facilité d'accès
et en qualité soient satisfaits.
Avec la dégradation des réseaux, l'augmentation des
besoins en eau et en l'absence de structures de gestion communautaire
des réseaux, les conflits entre villages, liés
à la question de l'eau se multiplient.
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| Réservoir de Koni Djodjo |
Nettoyage du captage de Koki en septembre
2004 |
Historique du programme :
Dès le début de l'intervention d'ID dans le département
du Nyumakélé en 1996, dans le cadre d'un programme
santé, les communautés villageoises nous ont interpellés
sur le problème du manque d'eau.
Une étude de faisabilité du programme hydraulique
dans le Nyumakélé réalisée en mai 1997
a débouché sur la mise en uvre d'un programme
hydraulique dans le Nyumakélé à partir de janvier
1998 avec le soutien financier du ministère des Affaires
étrangères (cofinancement échu en décembre
2000) et de l'Union européenne (échéance du
financement en août 2002). Depuis janvier 98, une forte mobilisation
communautaire a accompagné toutes nos interventions.
Pour répondre à la demande exprimée par d'autres
villages d'Anjouan, nous avons ouvert un second programme hydraulique,
grâce à un financement ECHO (Union Européenne)
.
En septembre 2002, les 2 programmes hydrauliques d'ID ont fusionné
au sein du CRH, Centre de Ressourves Hydrauliques.
Une convention de financement a été signée
entre l’Union des Comores et l’AFD en décembre
2004 pour la mise en œuvre d’un projet de gestion communautaire
des infrastructures d’adduction d’eau potable à
Anjouan et Mohéli pour un montant de 1 500 000 euros sur
4 ans.
La maîtrise d’ouvrage du projet a été
déléguée à l’UCEA pour Anjouan
et la FADESIM pour Mohéli. C’est ID qui a été
chargé d’assurer la mise en œuvre du projet. ID
est donc maître d’œuvre et en même temps
co-financeur pour 20% du budget total du projet. Le projet sur Anjouan
a démarré en mars 2005.
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| Des représentations de
théatre forum sont organisées dans les villages
pour informer et sensibiliser la population sur les thèmes
de la gestion de l’eau, de la qualité de l’eau,
de l’assainissement et de l’hygiène |
Objectifs du programme :
L’objectif spécifique est de faire en sorte que les
infrastructures d’adductions d’eau potable en zone rurale
soient gérées durablement. La démarche qui
a été retenue est celle d’une gestion par les
communautés et d’une gestion complète, dans
lequel :
- L’entretien des réseaux est assuré régulièrement,
- Les réparations sont faites à temps et bien faites,
- Les extensions et les nouveaux branchements sont organisés
(étudiés, planifiés …),
- La réglementation d’utilisation des réseaux
est respectée,
- Les sources sont protégées et la qualité
de l’eau garantie à tout point du réseau pour
ceux qui disposent d’un système de traitement.
Plusieurs niveaux ont été identifiés pour
que ce système de gestion fonctionne :
1. Un niveau communautaire. Le projet mènera des actions
pour sensibiliser les populations à la valeur de l’eau
et à l’importance de sa gestion. Il y a un certain
nombre d’habitudes et de comportements à changer comme
les robinets ouverts …
2. Le niveau Comité de Gestion de l’Eau. Le CGE est
la structure qui régit l’utilisation locale du réseau,
qui assure un entretien et les petites réparations courantes.
3. Un niveau régional d’appui – accompagnement
et contrôle des CGE, qui constitue le service de l’eau.
L’UCEA a été identifiée comme la structure
porteuse du service de l’eau. Dans le service de l’eau
nous entendons un service d’entretien pour les grosses réparations
et le contrôle des gardiens de réseau, un accompagnement
des CGE pour des études techniques, une médiation
en cas de conflits graves, la préparation des bilans publics
…
4. Un niveau de suivi du projet, le comité de pilotage. Contrairement
aux autres structures, le comité de pilotage est prévu
pour durer le temps du projet. Il réunit des représentants
des pouvoirs publics concernés par l’eau et de la société
civile. Il suit les résultats atteints par l’équipe
du projet et donne son avis sur les grandes orientations du projet.
Au bout des 4 ans du projet, les services mis en place par l’UCEA
pour ses membres doivent s’auto – financer. Aussi, l’UCEA
ne pourra rendre ces services qu’aux membres cotisants.
La réalisation de l’objectif spécifique passe
par l’atteinte de 3 résultats suivants :
1. Un dispositif institutionnel pérenne est mis en place
2. La disponibilité en eau potable est améliorée
(augmenté et mieux réparti) dans les villages ciblés
par le projet
3. Des expérimentations aboutissent à la définition
de solutions techniques et financières
Public concerné :
- Anjouan : le programme interviendra dans 35 des 84 villages de
l’île, ainsi 100 000 personnes bénéficieront
directement du projet soit 42% de la population anjouanaise.
- Mohéli : le programme interviendra dans 6 des 24 villages,
ainsi 6000 personnes bénéficieront directement du
projet soit 20% de la population mohélienne.
L'équipe du programme :
Responsable du programme expatrié : Benoit Moreau
Equipe Technique : 1 volontaire expatrié + 2 coordinateur
techniques
Equipe IEC / GSE : 1 volontaire expatriée + 5 animateurs
Bilan annuel publique du Comité
de l'eau de Koki; explication des comptes par le trésorier
(septembre 2004)

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Financement du programme :
AFD (Agence Française du Développement), FCR (Fond
de Coopération Régional de Mayotte), SEDIF (Syndicat
des Eaux d'Ile de France), SIEAM Mayotte, Fondation Lord Michelham
of Hellingly.
Partenaires locaux :
Nos partenaires à Anjouan sont :
- Les comités villageois de gestion de l'eau.
- le HIMAN (Hifadhwui Maji Nyumakélé)
assure un service d'entretien des réseaux et de police de
l'eau extérieur aux villages dans le département du
Nyumakélé.
- L'UCEA (Union des Comités de l’Eau
d’Anjouan). L'UCEA, notre partenaire local, est née
de la " Journée de l'eau " organisée dans
le Nyumakélé en octobre 2000. Des représentants
de toute l'île avaient été invités pour
observer et discuter des mécanismes de gestion communautaire
de l'eau mis en place par ID dans le Nyumakélé. Les
participants à cette rencontre se sont accordés sur
la nécessité de créer une commission de réflexion
sur l'eau pour proposer une charte sociale de l'eau pour Anjouan.
L'UCEA s'est structurée en association dont sont adhérents
une vingtaine de comités de gestion villageois de l'eau.
L’UCEA a élaboré une « charte de l’eau
» reconnue par les autorités d’Anjouan en Mars
2003. 12 villages sont aujourd’hui signataires de cette charte
et adhèrent à ses principes. D’ici 3 ans, la
majorité des villages de l’île sera représentée
dans l’UCEA.
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| Assemblée Générale de
l'UCEA en juillet 2004 |
Activités, actions en cours :
Résultat 1 : Un dispositif
institutionnel pérenne est mis en place
Activité 1.1 Sensibiliser les communautés
pour que leur perception de l’eau change
L’équipe IEC a été recrutée en
juillet 2005. Dans un premier temps, 5 animateurs ont été
sélectionnés et ont travaillé à la réalisatoin
d’enquêtes en tant que stagiaires. Ce stage a permis
de les confronter au terrain et de sélectionner définitivement
4 animateurs en novembre. L’un des animateurs sera choisi
en année 2 ou 3 pour être le coordinateur de l’équipe.
L’équipe a été encadrée par Nicolas
Moreau, volontaire expatrié qui est en poste chez ID depuis
mai 2003 et qui finit sa mission en février 2006. Il sera
remplacée par Laure Lafond, recrutée en décembre
2005 et qui est arrivée à Anjouan en janvier 2006.
Sensibilisations grand public
Une vingtaine d’émissions radio, qui avaient
été enregistrées et mixées en 2004 par
l’UCEA et ID, ont été diffusées cette
année.
Dans un premier temps, les émissions ont présenté
l’historique, le rôle, les objectifs et le fonctionnement
de l’UCEA. Puis les émissions se sont concentrées
sur des thèmes généraux de sensibilisation
: déforestation, hygiène et maladies liées
à l’eau, protection de la ressource, qualité
et traitement de l’eau, utilité des cotisations, rôle
du CGE.
Ces émissions sont diffusées par 6 radios et couvrent
toute l’île.
Les émissions, d’une durée de 30 minutes, sont
diffusées 2 fois par semaine sur chaque radio.
Le titre de l’émission, « Sabu ya Maji »,
ce qui signifie « protégeons l’eau », est
devenu un slogan connu dans tous les villages.
La préparation des nouvelles émissions a été
confiée à l’équipe IEC en fin d’année.
Evènements
Le programme a fourni un appui à l’UCEA pour sa participation
à des évènements : appui logistique, préparation
du message ou de l’animation …
- Conférence de presse radio et télé diffusée
organisée pour la Journée mondiale de l’eau
et la journée mondiale de la météorologie,
le 23 mars 2005.
- Discours pour la Journée mondiale de l’environnement
- Animation de 4 visites terrain, d’un stand et d’une
conférence pendant la semaine de la citoyenneté, organisée
par l’association EPIC, dirigée par le journaliste
de Kashkasi Kamaldine Saïndou.
Le magazine kashkasi a consacré une édition spéciale
sur l’eau aux Comores où de nombreux articles sur les
problèmes rencontrés par les villages et les initiatives
prises par l’UCEA ont été décrites.
Sensibilisations auprès d’un public cible
Nous avons fait découvrir aux enfants de CE2, CM1
et CM2 de l’école de Koki et leurs enseignants, les
expérimentations de traitement de l’eau installées
au captage. Cette occasion nous a permis de débattre avec
eux sur le thème de la qualité de l’eau.
La conception d’un jeu, le Domin’Eau, inspiré
des dominos, est actuellement en cours. avons choisi d’adapter
ce jeu, très populaire à Anjouan, pour véhiculer
auprès des enfants différents messages sur les problématiques
de l’eau comme le gaspillage, l’eau claire n’est
pas potable, le déboisement …
Une enquête perception de l’eau a été
conduite en août et septembre 2005 auprès de 400 personnes,
200 hommes et 200 femmes répartis en 2 groupes (les jeunes
et les adultes) et originaires de 2 catégories de villages
(village où l’eau est rare et village où l’eau
est en quantité suffisante). 50 membres des CGE ont été
enquêtés indépendanmment de ce groupe sur le
même questionnaire.
Les questionnaires ont été analysés sur Sphynx,
un logiciel dédié à ce type d’enquête
qualitative à partir d’octobre, qui a permis de faire
différents types d’analyses (tri à plat et tableaux
croisés).
Les résultats de l’enquête nous ont permis de
réaliser le tableau suivant qui présente les notions
acquises et non acquises par les commaunutés. Ces notions
sont équivalent aux variables de l’enquête et
sont rangées dans ce tableau selon un classement décroissant
fonction des réponses majoritaires.
| Notions acquises |
Notions non acquises |
| 1. Nécessité de la protection
du captage |
1. Appréciation de la qualité
de l’eau |
| 2. L’entretien à un coût |
2. Appréciation de l’entretien
du réseau |
| 3. Acceptation du partage de l’eau |
3. L’eau, patrimoine commun |
| 4. Il est possible d’améliorer
la qualité |
4. Avantage du paiement de l’eau
par rapport à la participation communautaire |
| 5. Il y aura pénurie d’eau |
5. Présence de maladies dans
l’eau |
| 6. Acceptation du chlore |
6. Connaissances des maladies transmises
par l’eau |
| 7. Présence de gaspillage |
7. Hygiène du stockage et traitement |
| 8. Contrepartie volumétrique |
|
| 9. Contrepartie mensuelle |
|
| 10. L’utilisateur est responsable
du coût |
|
Problématique quantité de l’eau :
Bien que les gens considèrent majoritairement que l’eau
appartienne à leur village, ils acceptent assez facilement
de la partager. Une majorité s’accorde pour dire qu’il
y a du gaspillage .
Problématique qualité de l’eau :
Les anjouanais ont une perception de la qualité de l’eau
assez éloignée de la réalité. Outre
le fait qu’ils considèrent majoritairement que l’eau
qu’ils boivent est de bonne qualité, de dangereux a
priori persistent dans les esprits, comme par exemple, l’eau
claire qui est souvent assimilée à de l’eau
potable. De plus les mesures d’hygiène et de traitement
sont méconnues, sans parler du fait que leur utilité
n’est pas perçue par la population. Cependant, une
majorité considère qu’il est possible d’améliorer
la qualité de l’eau, et accepte l’eau chlorée.
Problématique paiement de l’eau :
On remarque qu’une majorité de la population (autour
de 50%) est consciente du coût de l’entretien, de la
nécessité d’une contrepartie volumétrique,
mensuelle et prise en charge par l’utilisateur ; cependant
les utilisateurs sont très partagés entre une contrepartie
monétaire ou sous forme de travail communautaire.
D’autre part, il semblerait que la notion d’entretien
n’est pas comprise à sa juste valeur ; il faut revenir
sur la définition de l’entretien : c’est quoi
? à quoi ça sert ? quelle est l’utilité,
la nécessité ?…
Les autres enseignements qui ont été tirés
de ces enquêtes sont :
- La population a la même perception de la valeur de l’eau
quelque soit son revenu économique
- Il n’existe pas de grande divergence de vue entre les hommes
et les femmes. Les femmes sont moins informées et beaucoup
plus indécises que les hommes.
- De même, on constate que les jeunes et les adultes répondent
de la même manière aux questions. Les jeunes sont encore
plus indécis sur les réponses à donner. Les
jeunes et les femmes constituent des cibles prioritaires.
- Globalement, les membres des CGE ont une meilleure perception
que la plupart de la population.
- La majorité des membres des CGE préfèrent
que la contrepartie à payer soit sous forme de travaux communautaires,
et forfaitaire.
- Les villages gérés par des CGE actifs (> 50%
de recouvrement des cotisations) ont une assez bonne perception
de la valeur de l’eau. Par opposition, il faut en priorité
sensibiliser les CGE moyennement ou non actifs.
Nous prévoyons d’exploiter cette enquête à
deux niveaux :
- Comme indicateur d’évaluation du projet. Cette même
enquête sera renouvellée à la fin du projet
(même questions, même éqpoque de l’enquête)
et on jugera alors si la perception de la valeur de l’eau
par les communautés rurales à Anjouan aura changé.
- Pour identifier les thématiques et les groupes cibles de
nos sensibilisations. Une startégie de communication devrait
être mise au point début 2006.
En conclusion, deux rôles sont maintenant attribués
à l’équipe IEC :
- un rôle d’information/de communication aux communautés
vis à vis des actions du PAGEC. Ce rôle est essentiel
pour les nouvelles activités du projet (comme la mise en
place du service de l’eau) qui nécessitent un travail
d’explication et d’information important,
- un rôle de sensibilisation sur des problématiques
de l’eau générale mais à relier avec
des actions concrètes du projet.
C’est la combinaison de ceux rôles qui nous semble la
plus à même de changer la perception des communautés
vis à vis de l’eau.
Activité 1.2 Mettre en place
et renforcer les différents niveaux de gestion communautaire
de l’eau (CGE et UCEA)
Démarche de formation
Le processus de formation d’un Comité de Gestion
de l’Eau a été redéfini sur la base de
ce qu’ID avait fait lors de son intervention précédente
et en tenant compte des objectifs du projet, à savoir :
- amener les CGE à devenir membre de l’UCEA (le PAGEC
ne travaille pas avec des CGE non membres) ;
- officialiser le CGE dans son environnement (convention Mairie
– CGE – gendarmerie, officialisation au Ministère
de la Jeunesse et des Sports en tant qu’association) ;
- mettre en place les bases d’une bonne gestion technique
des réseaux (introduction d’un bilan technique). Ce
dernier point doit être encore développé par
des rappels en plomberie de base qui seraient fait aux gardiens
de réseaux, un listing des opérations d’entretien
de routine, la mise en place d’outils de suivi technique …
La formation se déroule maintenant sur 3 mois, à
raison de 2 séances par semaine, pour un total de 23 séances.
Une réflexion a été menée sur le réveil
des CGE inactifs (dits « endormis »), démarche
qui doit débuter par un diagnostic social précis des
causes du non fonctionnement du comité (manque de moyens,
de volonté, d’organisation, de disponibilité,
conflits internes…). L’idée est ensuite de mobiliser
la population pour débloquer les situations ou mettre en
place un nouveau comité.
Résultats des formations
11 CGE ont été formés : Ajoho I, Ajoho
II, Iméré, Maraharé, Hassimpao, Moujimandra,
Bazimini, Chaweni, Nounga, Mnadzichimwe, fonctionnement, ce qui
porte à 54 le nombre de CGE formés par ID
depuis son arrivée à Anjouan en 1997.
Les femmes sont de plus en plus représentées dans
les CGE, comme à Magnassini, Koni Djojo, Bazimini et Bimbini.
Parallèlement à cette tendance, les animateurs chargés
de la formation des CGE ont mis l’accent sur l’importance
de la présence de femmes dans les comités, suscitant
les motivations (Koni Ngani, Vouani,Hassimpao).
Un travail de diffusion de la charte de l’eau a été
fait auprès des CGE déjà constitués
de manière à ce qu’ils adhèrent à
l’UCEA et à ses principes. 41 CGE ont signé
la charte de l’eau au total et le nombre de membres de l’UCEA
est passé de 25 fin 2004 à 47 fin 2005.
De la même manière que pour la charte de l’eau,
le PAGEC s’est employé auprès des CGE déjà
formés à diffuser les conventions CGE-Mairies-Gendarmerie.
A ce jour, 32 conventions ont été signées.
Les mairies s’impliquent de plus en plus dans la résolution
des problèmes liés à l’eau.
Les gendarmeries également commencent à prendre part
à cette démarche, en faisant appliquer les amendes
prévues dans les codes de l’eau villageois.
Un bilan réalisé fin décembre 2005 fait apparaître
les résultats suivants :
| |
Nombre |
% |
| Nombre de villages à Anjouan |
88 |
|
| Nombre de CGE villages formés au total sur Anjouan |
53 |
60 % des villages d’Anjouan dispose d’un CGE formé |
| Nombre de CGE villages membres de l’UCEA |
48 |
90 % des CGE formés étaient membres de l’uCEA
en 2005 |
| Nombre de CGE membres de l’UCEA et ayant signé
la charte |
44 |
92 % des membres de l’uCEA ont signé la charte |
| CGE membres de l’UCEA et ayant un code de l’eau
|
48 |
Tous les CGE membres de l’UCEA ont un code de l’eau
car tous ils ont tous été formés |
| CGE membres de l’UCEA et ayant une convention Mairie
- gendarmerie |
39 |
81 % des membres de l’UCEA ont signé une convention
avec la Maire et la gendarmerie |
Bilan des cotisations des CGE (au 30 novembre 2005)
| Nombre |
|
% |
| Nombre de CGE membres de l’UCEA |
48 |
|
| Nombre de CGE membres de l’UCEA qui cotisent |
36 |
75 % des CGE membres de l’UCEA ont mis en place un système
de paiement de l’eau (cotisations forfaitaires) |
| Plus de 50% des foyers cotisent |
16 |
33 % des CGE membres de l’UCEA ont un taux de recouvrement
des cotisations supérieur à 50% |
| Moins de 50% des foyers cotisent |
20 |
42 % des CGE membres de l’UCEA ont un taux de recouvrement
des cotisations inférieur à 50% |
| CGE membres de l’UCEA où il n’y a aucune
cotisation |
12 |
25 % des CGE n’ont pas mis en place ou ont abandonné
le paiement de l’eau |
Les causes de non paiement sont diverses : comité peu actif,
pénurie d’eau saisonnière ou chronique, problèmes
techniques qui dépassent largement la compétence des
bénévoles villageois, dissensions dans le comité
ou manque de transparence dans la gestion des cotisations.
Un comité, même bien organisé, ne peut pas toujours
apporter des améliorations significatives en matière
de distribution d’eau. Les villageois ont alors le sentiment
que leur cotisation ne sert à rien et cessent de la payer.
Le suivi réalisé par l’équipe du PAGEC
consiste à préparer les réunions de bilans
publiques (préparation des bilans financiers), à jouer
le rôle de médiateur pour la résolution de conflits,
à relever régulièrement les données
sur les cotisations. Ce rôle est variable d’un village
à un autre et peut prendre plus ou moins de temps.
Enquêtes diagnostic CGE
Une enquête de diagnostic institutionnel des CGE a été
menée auprès de 12 CGE sélectionnés
selon qu’ils étaient ruraux ou à tendance urbaine,
actif (taux de recouvrement des cotisations supérieur à
50%) ou non actif. Dans chaque village, 4 groupes cibles ont été
interviewés : le bureau du CGE, les collecteurs, les cadres,
les associations de femmes.
Les résultats font principalement ressortir les informations
suivantes :
- Les utilisateurs sont très peu informés des activités
du CGE. Ils sont néanmoins concertés quand il y a
un problème grave. Plus le problème est grave, plus
la concertation est large
- Les femmes ne sont pas assez impliquées, et ne s’impliqueront
pas d’elles –mêmes. Pourtant les CGE qui impliquent
des femmes sont les plus actifs
- Il n’a pas été possible d’élaborer
une typologie des CGE. Par exemple, nous n’avons pas constaté
de relation entre le manque d’eau et le niveau d’activité
du CGE
- La démotivation des collecteurs est la première
cause d’inactivité des CGE ; ils doivent supporter
des insultes et ne sont pas toujours indemnisés pour leur
activité
- Quelques semaines après la création du comité,
seuls 2 ou 3 membres du bureau sont toujours actifs. Les motivations
personnelles sont variées : abnégation, reconnaissance
sociale au sein du village (leur fierté, leur honneur), ou
pour enrichir leur CV, dans l’espoir de faciliter leur recherche
d’emploi
- L’intervention d’une personne extérieure au
village réveille la curiosité et donne de l’importance
au CGE, à une réunion, au problème traité.
Cette présence réveille l’intérêt
de la population et facilite le fonctionnement du CGE
- Rare sont les CGE qui mettent en application le code de l’eau
car ils craignent d’être mal vu, déconsidéré,
ce qui est contraire à leur recherche de reconnaissance sociale.
Ils ne sentent pas légitimes de le mettre en application.
et demandent l’appui de la Mairie dans cette tâche.
La plupart des constats mis en évidence par ce diagnostic
sont d’hors et déjà pris en compte par les animateurs
GSE (Gestion Sociale de l’Eau). A partir de ces informations,
ils adaptent leurs messages pour augmenter l’efficacité
des CGE. Ces résultats seront également repris par
l’équipe IEC, fin 2005, lors de l’élaboration
de la stratégie IEC 2006.
Activité 1.3 : Mettre en place,
au niveau villageois et îlien, un service de l’eau pérenne
La gestion des réseaux, telle que l’a prévu
le PAGEC, s’organisera à 2 niveaux :
- Un niveau villageois avec comme personne clé de l’entretien
le gardien du réseau. Ce niveau existe déjà
mais il a besoin d’être renforcé.
- Un niveau îlien constitué du service de l’eau.
Ce niveau est complètement à mettre en place. Il n’existe
pour l’instant aucune structure sur Anjouan spécialisée
dans la maintenance des réseaux (que ce soit en ville ou
en milieu rural).
Concernant le premier niveau, nous avons constaté que dans
beaucoup de villages les cotisations sont sous - utilisées
alors que des besoins d’entretien et de maintenance du réseau
existent. Les CGE sont nombreux à avoir une épargne
non négligeables dans leurs comptes en banque (ils ouvrent
généralement un compte en banque à la caisse
Sanduk du village), qui reste initulisée. L’entretien
des réseaux qui peut se faire au niveau du village est donc
souvent insuffisant.
Fort de ce constat, notre démarche a été d’accompagner
en mai et juin 2005, une douzaine de villages à réaliser
un diagnostic de l’état de leurs réseaux, à
proposer des solutions techniques et un budget prévisionnel
pour financer les interventions à réaliser. Au regard
des travaux à mettre en œuvre, plusieurs échéanciers
d’entretien/réalisations et plans de financement étaient
proposés au CGE (travaux réalisés rapidement,
forte augmentation des cotisations / travaux réalisés
moins rapidement, faible augmentation des cotisations). La décision
finale de réaliser tel ou tel investissement à telle
échéance était alors laissée au CGE,
qui demandait l’aval de la population au cours d’un
bilan public.
Parallèlement, nous avons établi à l’attention
des gardiens – plombiers des réseaux des modules de
formation sur les thèmes suivants : bases de plomberie, présentation
des accessoires en PEHD afin d'éviter les bricolages, explication
de l'intérêt de certaines opérations d'entretien
(suivi des compteurs, nettoyage du captage et des réservoirs,
vidanges des conduites...) … Il est prévu de fournir
à chaque gardien de réseau un manuel d'entretien et
de suivi des ouvrages. Les formations devraient démarrer
en 2006.
L’étude de faisabilité du projet avait montré
qu’un certain nombre de tâches de maintenance et de
gestion devaient être effectuées par une équipe
professionnelle et salariée car elles dépassent les
compétences et le temps disponible des CGE. Cette équipe
sera logée au sein de l’UCEA et interviendra donc en
tant que prestataire de services des CGE. Toute une démarche
a été mise en place à partir du second semestre
2005 pour aboutir au montage de cette structure. Les CGE ont fait
remonter les 3 demandes prioritaires qu’ils attendent d’un
tel service :
- Une demande d’appui technique (montage de projets, appui
à la recherche de financements, étude)
- Une demande d’accompagnement (appui à la gestion
des mauvais payeurs, formation et accompagnement)
- Une demande d’équipement (outillage, tuyaux, accessoires,
infrastructures)
Une équipe de 3 personnes a été proposée
pour répondre à ces demandes avec comme fonctions
:
Un ingénieur technicien : Forme le plombier villageois/gardien
du réseau- Réalise les bilans techniques- Effectue
des visites de routine des réseaux- Contrôle le travail
du plombier- Effectue un appui logistique au plombier (recherche
des accessoires)- Organise les grosses réparations- Réalise
les études.
Un chargé de gestion : Forme les membres des CGE- Contrôle
la bonne tenue des outils de gestion- Contrôle la caisse par
rapport aux enregistrements- Récupère l’ensemble
ou une partie de l’argent collecté- Répartit
l’argent sur les différents postes de dépenses
(procèdeaux paiements des collecteurs, plombier …)
Un administrateur comptable : Audit les comptes des CGE- Tient la
comptabilité de l’UCEA-Gère le fonds d’investissement
Un budget de fonctionnement de cette équipe a été
réalisé. Celui çi représente 200 FC
par mois par usager si une douzaine de CGE devienent membres du
Service de l’eau. Si on veut que les membres des CGE soient
correctement indemnisés et que les CGE continuent d’épargner
pour raliser de petites réparations, le prix de l’eau
s’établit autour de 600 FC/usager/mois pour les bornes
fontaines poubliques et à 1 000 FC/usager/mois pour les prises
privées. C’est ce prix qui a été finalement
anoncé aux CGE qui souhaitaient adhérer au service
de l’eau.
8 CGE s’étaient portés volontaires lors de
l’atelier pour étudier avec leurs commuanutés
une adhésion possible au service de l’eau. 4 Cge se
sont rajoutés à cette liste dans les semaines qui
ont suivis. Des sensibilisations ont été faites dans
ces 12 villages telles qu’il a été présenté
en début de rapport en novembre et décembre 2005.
Le démarrage du service del’eau était attendu
en janvier 2006.
De grandes résistances sont apparues dans les villages et
au final, plus aucun village n’était vraiment volontaire
pour adhérer au service de l’eau tel qu’il avait
été défini. Les reproches qui ont été
fait portent essentiellement sur :
- Le coût du service a été « imposé
» plus que proposé
- Ils ne comprennent pas les liens entre l’UCEA et le service
de l’eau : certains ont compris que le service de l’eau
est une entité différente de l’UCEA.
- Les CGE ne sont pas prêts à augmenter leurs cotisations
de 150 FC à 600 FC et 1 000 FC aussi brutalement : il faut
d’abord rétablir la confiance et constater ce que peut
leur apporter effectivement le service
- La nature des services qui seront rendus par le service de l’eau.
Certains CGE motivés par ce service sont ceux qui attendent
que le service de l’eau leur fasse une étude technique
et les accompagne dans la recherche de bailleurs de fonds qui pourraient
financer les travaux de réhabilitation de leurs réseaux.
La démarche de mise en place du service de l’eau a
été entièrement revue à partir des critiques
faites par les CGE tout en conservant les objectifs fixés
initialement par le projet.
Résultat 2 : La disponibilité
en eau potable est améliorée (volume disponible augmenté
et mieux réparti) dans les villages ciblés par le
projet
Activité 2.1 : Réaliser des
études socio techniques pour la résolution de problèmes
Les études prévues dans le plan d’action initial
ont été faites fin 2004 à Koki et à
Moimoi I, dernier village dépourvu de réseau sur Anjouan.
Un financement a été obtenu du SEDIF fin 2004 pour
la réalisation d’un aménagement sur le réseau
de Dajimoroni. Cet aménagement n’a pas pu démarrer
en 2005, les études techniques et la préparation des
villages n’étant pas prêtes. Le réseau
de Dajimroni dessert 5 villages (Nounga, Mnadzichoumwé, Chawéni,
Hamchaco et Sadampoini) pour une population totale de 5 400 habitants.
Le système que nous proposons est assez complexe : 2 répartiteurs,
construction de nouveaux réservoirs, nouveau système
de distribution mais doit permettre de gérer au mieux un
manque de ressource. Pour l’instant, la ressource est prise
dans le terroir de villages situé en haut (la ressource est
inexistante en bas) et distribuée de manière gravitaire
mais sans système de répartition, favorisant la logique
du premier servi.
Une série d’animation a été menée
sur le principe d’égalité de l’accès
à l’eau et du partage « équitable »
de la ressource, c'est-à-dire proportionnel au nombre d’habitant.
Elle doit se conclure par un contrat de répartition, qui
définira les règles de répartition entre chacun
des villages, et les modalités de réactualisation
en fonction de l’évolution de la population.
Parallèlement aux animations sur la répartition de
l’eau et à la formation des CGE, le chantier a été
préparé par l’équipe technique du PAGEC
:
- Etude approfondie, définition du système de répartition
par vannes / compteurs
- Commande des matériaux.
Un comité de chantier doit être mis en place au niveau
de chaque village et un contrat de chantier signé par ID,
les CGE et les entreprises mandatées.
Ce contrat de chantier précise les responsabilités
de chacun dans le chantier, attendu que nous travaillons en partenariat
avec la communauté pour la réalisation. Pour l’instant,
les négociations entre le PAGEC et les communautés
butent sur la question des prises privées, que nous souhaitons
supprimer pendant une période d’un an afin d’avoir
le temps de régler au mieux la répartition du débit
par village.
Une étude a été faite sur le réseau
multi – villageois de Mrémahoja 2 (7 villages, 22 400
hab.) toujours dans le Nyumakélé. Nous attendons de
finaliser la démarche sur Dajimroni pour la lancer sur Mrémahodja
II.
Schéma directeur de la péninsule de Sima
Dans la sous région de Sima les problématiques
d'alimentation en eau potable sont multiples :
- diminution de la ressource due à la déforestation
- répartition inégale de la ressource entre les villages
- absence totale de réseaux dans certains villages
- vétusté des ouvrages d'adduction
- gaspillages et mauvaise gestion au niveau des villages
- absence de structure de gestion efficace dans les villages et
au niveau de la sous région
- absence d'étude technique préalable aux travaux
et inadaptation des ouvrages réalisés
Malgré les nombreux problèmes rencontrés,
les initiatives villageoises sont nombreuses. L'idée est
ici de cadrer les différentes dynamiques, de prioriser les
travaux à mettre en oeuvre et de les planifier à un
horizon de 15 ans.
Le schéma directeur se base sur un suivi exhaustif des sources
et des cours d'eau (en cours depuis Avril 2005), un suivi de la
qualité des ressources (en cours depuis Juin 2005), un état
des lieux des besoins en eau (réalisé en Juillet 2005),
un diagnostic des ouvrages, et une projection de l'évolution
des ressources et des besoins.
Une convention de partenariat a été signée
en mars 2005 avec le Syndicat Intercommunal d’Eau et d’Assainissement
de Mayotte (SIEAM), qui nous apporte un appui méthodologique
pour la réalisation de ce schéma directeur. M. Philippe
Jusiak, directeur technique du SIEAM a réalisé une
mission d’évaluation en mars 2005, et a depuis orienté,
suivi et validé les différentes phases de l’étude.
Le schéma directeur devrait être finalisé premier
semestre 2006, afin d’y inclure des données d’estimation
de la ressource collectées pendant 1 an.
Activité 2.2 : Aménager de
nouveaux réseaux d’AEP villageois
Redéfinition des préalables aux interventions
d’ID
Les engagements des CGE demandeurs ont été redéfinis
et clarifiés pour les villages avant toute réalisation
d’ID .
- Signature d’un contrat portant sur les aménagements
entre ID et les CGE concernés par les travaux
- Mise en place d’un comité de l’eau actif
- Mise en place et réalisation de cotisations régulières
(75% pendant deux mois)
- Bonne tenue des outils de gestion
- Transparence des finances du comité devant les utilisateurs
- Adhésion à l’UCEA
- Ratification de la charte de l’eau
Plus, dans le cas des réseaux multi villageois
- Adhésion au service de l’eau pour les prestations
décidées par le CGE (notamment concernant la gestion
de la répartition et de l’adduction)
- Signature d’une convention portant sur la répartition
avec les autres villages du réseau
Les travaux d’aménagement ont été réalisés
uniquement à Koni Ngani où il s’agissait de
finaliser une intervention qui avait été démarrée
par ID en 2001 et reprise en 2003. Le village est desservi par 2
captages (Haboungou et Gouni) qui ont été réhabilités.
Un nouveau réseau de distribution avait été
posé. Les derniers travaux ont consisté à réaliser
un réservoir en bas du village qui est connecté à
l’adduction en provenance du captage de Haboungou et une aire
de lavage au niveau de ce réservoir. En saison sèche,
le réseau de distribution alimenté par la source Gouni
est à sec et c’est seulement ce point d’eau en
bas du village qui peut être utilisé.
Le chantier a été terminé en septembre 2005
.
A Koki, le PAGEC est intervenu en appui à la réalisation
de la réhabilitation du réseau, sous la forme d’un
:
- Appui à la recherche de fournisseurs, à la réalisation
de devis, à la réalisation et à la contractualisation
de la commande de matériels hydrauliques
- Planification des étapes du chantier
- Organisation des réunions de chantier
- Implantation des ouvrages
- Encadrement à la réalisation des premiers modèles
d’ouvrages (lorsque les travaux peuvent être réalisés
par la communauté : fontaines et lavoirs) et contrôle
des réalisations suivantes.
- Encadrement à la contractualisation avec un professionnel
(entreprise)
- Suivi et contrôle des travaux communautaires et des entreprises.
- Encadrement à la mise en place des canalisations, des raccordements,
selon les diamètres et longueurs définis dans l’étude
technique.
- Mise à disposition d’outillage hydraulique
La première tranche des travaux programmés a été
achevée en décembre 2005. Un plombier villageois a
été formé à l’entretien du réseau
au cours du chantier.
Le Comité de Gestion de l’Eau du village souhaite déposer
une demande de financement pour la 2ème tranche de travaux.
Evaluation des ouvrages et des méthodologies d’étude
ID avait signé fin 2004 une convention de partenariat
de 1 an avec Aquassistance pour qu’Aquassistance procède
à une évaluation des ouvrages réalisés
par ID (sujet de la première mission de janvier 2005) et
un accompagnement de ID dans la mise en place de meilleures pratiques
(sujet de la deuxième mission d’octobre 2005).
La première mission d’Aquassistance avait abouti sur
les conclusions suivantes :
- En se plaçant du strict point de vue de la construction,
les travaux qu’ID a exécutés ou dirigés
sont globalement bien réalisés. Néanmoins,
des améliorations doivent être apportées sur
des points spécifiques comme les reprises de coulage du béton
et technique des enduits dans le cas des réservoirs, ouvrages
spéciaux sur le tracé des canalisations.
- La principale faiblesse réside dans les hypothèses
de base retenues pour le dimensionnement des ouvrages et le manque
de connaissance de l’existant et de conservation de cette
connaissance.
Suite à la mission d’Aquassistance, peu de changements
ont pu être apportés par l’équipe qui
a été absorbée par les autres activités
du projet. Aussi, la mission d’octobre d’Aquassistance
n’a pas trouvé que ses recommandations avaient été
suffisamment prises en compte. L’équipe s’est
préparée pour qu’en 2006, une partie des recommandation
soient effectives (certaines ne sont pas réalisables vu déjà
toutes les activités du projet). Elle a constitué
dans ce sens un plan d’action. Aquassistance a réalisé
en octobre une formation sur site des maçons avec qui ID
travaille ce qui a été très apprécié.
Des conseils ont été donnés sur d’autres
problèmes techniques du moment et sur les schémas
directeurs. Enfin l’un des membres d’Aquassistance a
pu remplir sa misison qui était d’évaluer le
potentiel de forage à Mohéli et de proposer la démarche
à suivre en matière d’études, d’essais,
et d’exploitation des ressources souterraines.
Résultat 3 : Des expérimentations
aboutissent à la définition de solutions techniques
et financières
Activité 3.1 : Mener des expériences
pilotes pour améliorer la qualité de l’eau
En l’absence de compétence technique dans le domaine
du traitement de l’eau et par rapport aux faibles moyens disponibles
pour la construction, l’entretien et le renouvellement des
infrastructures, nous nous sommes orientés vers des systèmes
de traitement rustiques et demandant un entretien simple et limité.
Un premier essai avait été fait à Kondroni
sur du matériel pus sophistiqué (pompe doseuse de
Chlore) et n’avait pas donné entière satisfaction.
Une mission d’Antoine Montiel, réalisée dans
le cadre de la convention de partenariat entre ID/SIEAM/Eaux de
Paris/UCEA, alors directeur qualité d’Eau de Paris,
nous a permis d’identifier le type de filtres à mettre
en place. Le PAGEC a ensuite accueilli d’Avril à Août
2005 une stagiaire en licence professionnelle « Qualité
de l’Eau » dont la mission était de mettre en
place et de tester différents pilotes de traitement.
Filtration horizontale collective
Deux systèmes ont été testés :
un débourbeur (filtre rapide) visant à réduire
de façon significative la turbidité de l’eau
brute et un filtre lent visant à éliminer les pathogènes.
Le captage de Koki a été retenu pour procéder
aux expérimentations (population motivée et dynamique,
proximité à Mutsamudu, possibilité physique
d’installer les 2 pilotes soit 30 mètres de long au
total, ressource en eau représentative d’Anjouan :
contamination fécale et pointes de turbidité marquées
lors des épisodes pluvieux).
Les difficultés rencontrées et les contraintes spécifiques
à Anjouan ont été nombreuses et nous ont amené
à changer les plans initiaux.
Afin de réduire les coûts de construction la plupart
des parois ont été construites en maçonnerie
de moellons, ce qui a réduit la longueur du massif filtrant.
Le principal problème rencontré a été
la granulométrie des matériaux filtrants. Le seul
concasseur en activité à Anjouan ne dispose pas de
grilles suffisamment fines pour obtenir les granulométries
visées. Nous avons été obligés de tamiser
manuellement le sable de pouzzolane dégrossi (< à
10 mm) avec des moustiquaires métalliques de maille 1 ou
4 mm.
Au final, les 2 filtres ont été mis en eau au mois
d’août 2005. La granulométrie des dernières
sections s’est révélée trop importante,
et nous avons déploré des fuites, le recouvrement
des films poliane, bien que très important, n’étant
pas suffisant pour imperméabiliser la structure. Des solutions
techniques ont été mises en place (pose de sable de
mer dessalé, étanchéité renforcée)
mais les résultats sont encore mauvais.
Une mission d’appui/conseil technique des Eaux de Paris est
prévue pour le 30 janvier 2006 et devrait permettre de revoir
les points qui posent encore problèmes. Ce n’est qu’en
2006 que nous pourrons apprécier la pertinence de ces filtres,
notamment en terme d’abattement de la turbidité et
de la flore bactérienne.
Chloration collective
Une expérience de chloration collective (goutte à
goutte de solution chlorée dans le réservoir) a été
réalisée à Sima en Juin 2005. Deux conclusions
peuvent en être tirées. D’une part, l’agent
chargé de la préparation de la solution chlorée
et du suivi du chlore résiduel a parfaitement intégré
la démarche, et était autonome rapidement. En revanche,
la gestion anarchique du réseau (par plusieurs comités
ou des particuliers) a perturbé la mise en œuvre du
traitement, mettant en évidence le besoin d’une structure
organisée et faisant autorité au niveau villageois.
Filtration verticale sur sable (domestique)
Plusieurs filtres à sable verticaux destinés
à un usage domestique ont été installés
et suivi. L’objectif est de produire de l’eau potable
grâce à un traitement biologique dans le massif filtrant.
Plusieurs matériaux et granulométries ont été
essayés, de manière à identifier la solution
la plus adaptée au contexte local.
Les premiers résultats sont encourageants, puisqu’on
observe un abattement sur les coliformes totaux de plus de 95% après
une phase de maturation de neuf semaines.
Un essai in situ est en cours dans un foyer rural anjouanais.
Filtration sur céramique poreuse
Le procédé consiste à faire passer l’eau
à traiter au travers d’une paroi en céramique
poreuse, préalablement trempée dans une solution d’argent
colloïdal.
Des potiers locaux ont été identifiés et des
premiers essais de filtration ont été réalisés.
De l’argent colloïdal en poudre a été commandé,
de manière à tester le procédé intégralement.
Les premiers résultats (Février 2006) sont encourageants
avec des abattements de plus de 99 % sur les coliformes totaux.
Activité 3.2 : Introduire de petits
ouvrages et équipements pour aider les CGE à gérer
les réseaux
Dans le cadre de l’élaboration du schéma directeur
AEP de la péninsule de Sima, nous avons installé des
seuils de mesure de débits des cours d’eau. Ces ouvrages
très simples à réaliser et à exploiter,
relèvent la ligne d’eau et concentrent l’écoulement
afin de permettre une mesure de débit à l’aide
d’un seau et d’un chronomètre.
Enfin nous sommes intervenus à Mahalé pour mettre
en place un té 50/50 de manière à répartir
l’eau équitablement entre les villages d’Ajoho
et de Mahalé. Dans ces 2 villages, la ressource ne fait pas
défaut aussi ce système de répartition très
simple a tout son sens.
Perspectives 2006 :
Les perspectives et priorités pour l’année
2006 sont de plusieurs ordres :
Renforcement et pérennisation de l’UCEA
L’UCEA est une structure relativement jeune qui connaît
des problèmes liées à son développement
rapide et au contexte anjouanais : peu d’échanges réciproques
entre le bureau et les CGE membres ; mauvaise image de la capitale
dans les villages ; faible autonomie par rapport à ID.
Les axes de travail pour 2006 sont :
- Représentativité et diversité au sein du
bureau : renouvelement des membres ; réunions en shinzuani
et délocalisées
- Rapprocher l’UCEA du terrain et faciliter la communication
entre les CGE et le bureau : réunions inter-CGE avec présence
de membres du bureau, tournées terrain pour voir les réalisations
du projet
- Diversité des futurs recrutements
Mise en route du service de l’eau de l’UCEA
La stratégie mise en place depuis Janvier 2006 consiste
à reprendre une phase de diagnostic des besoins dans quelques
villages ayant des problématiques de gestion-maintenance,
menée dans 11 villages (Ongoni, Hajoho 2, Koni Djodjo, Koni
N’Gani, Koki, Kondroni, 5 villages du réseau DAGI MRONI
– Nounga, Mnazichoumoue, Chaoueni, Sadampoini, Hamchaco) dans
un premier temps puis tous les villages volontaires.
Cette démarche doit permettre au village de définir
les prestations dont il a besoin, en présence des salariés
de l’UCEA, sans que rien ne soit imposé à priori
au village.
L’UCEA choisira ensuite le mode de recouvrement du coût
de ces services (augmentation des cotisations, paiement à
la prestation, paiement étalé,…).
Bilan des expérimentation sur la qualité
de l’eau
L’année 2005 a été riche en
expérimentations. 2006 sera l’année du bilan
sur les expériences de traitement collectif et individuel,
préparant la phase de diffusion et de mise en œuvre
sur toute l’île.
Résultats de l’étude « recherche
de nouvelles ressources » sur SIMA et lancement de
la même étude sur le NYUMAKELE
Dans ces 2 régions, les besoins dépassent aujourd’hui
largement les ressources disponibles. Or, aucune étude sur
l’ensemble de ces secteurs n’a été menée
jusqu’à présent pour faire le point sur les
ressource disponibles et les comparer aux besoins. Le projet PAGEC
a donc prévu ces études sur la péninsule de
SIMA (démarrage en 2005 premiers résultats en 2006)
et dans le NYUMAKELE (démarrage en 2006 et premiers résultats
en 2007) avec notamment le suivi du débit des ressources
potentielles.
Les résultats permettront de planifier de futurs travaux
en disposant des connaissances nécessaires.
Lancement de 2 chantiers importants sur la répartition
de l’eau (Réseaux DAGI MRONI et MREMAHOJA
II)
Ces 2 chantiers permettont une répartition équitable
de l’eau sur ces réseaux mutli-villageois en utilisant
des vannes et compteurs facilitant la gestion : les villages signeront
une convention de gestion qui précisera les règles
de fonctionnement de la répartition.
Les villages seront aussi sensibilisés sur les services que
l’UCEA peut apporter afin d’assurer un rôle d’arbitre
et de gestionnaire du réseau d’adduction.
Contacts :
Responsable de programme : Benoit
Moreau
T él : (00 269) 71 14 73
Mail : b.moreau@id-ong.org
Responsable du pôle
eau et assainissement : Nicolas Moreau
T él : (0033) (0)5 49 60 89 66
Mail : n.moreau@id-ong.org
Fiche actualisée le21/03/06
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