| Ile d'Anjouan (Comores) :
Programme d'Appui à la Gestion de l'Eau aux Comores (PAGEC)
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Une fontaine individuelle
réalisée par le programme à Koni Djodjo
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Contexte
Les Comores, un archipel fragile
Les Comores sont l’un des pays les plus pauvres du monde.
L’Indice de Développement Humain (IDH) les place au
167ième rang, sur 173 pays classés.
Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est de 1 943
$ (source PNUD en 2004). A titre de comparaison, la France a un
PIB de 30 000 $ et le Niger, classé dernier pour l’IDH,
a un PIB de 800 $ par habitant.
A Anjouan, l’île la plus pauvre de l’archipel,
la surpopulation s’accentue, avec une densité de population
de 600 hab/km² et une croissance démographique de 3%
par an.
Les difficultés politiques et économiques que traversent
le pays se traduisent par un désengagement de la part de
l’Etat sur la gestion territoriale locale et les services
à la population.
Aujourd’hui, le patrimoine naturel est en péril aux
Comores. Le déboisement massif de l’île d’Anjouan
est la cause numéro 1 de la disparition des trois quart des
cours d’eau permanents de l’île au cours des 30
dernières années.
La population comorienne souffre du manque d’eau et de sa
pollution
Certaines régions de l’île souffrent d’un
manque sévère d’eau : en saison sèche
leurs habitants qui ne disposent pas du minimum d’eau vital,
sont obligés d’acheter l’eau par bidons de 20
L à des prix très élevés par rapport
au niveau de vie.
Dans ces conditions, les gens ne consomment que 5 L/j/hab, (à
comparer au 25 L minimum préconisés par l’OMS).
La prolifération des déchets et l’absence d’assainissement
ont conduit à la pollution de plus de 80% de la ressource
en eau. Or il n’existe pas encore de système de traitement
de l’eau. La population boit donc de l’eau contaminée.
La détérioration des réseaux d’eau qui
ne sont pas du tout entretenus aggrave la situation, par un gaspillage
inconsidéré (fuites) de la ressource ; une contamination
(eau stagnante) et un accès difficile pour la population.
Des enjeux forts en terme de santé et de lutte contre
la pauvreté
Les populations qui n’ont pas accès à l’eau
en quantité suffisantes souffrent :
- directement : du manque d’hygiène, de la prolifération
de maladies graves et mortelles, de malnutrition. Les enfants sont
en général les plus touchés par ces fléaux.
- Indirectement : la recherche de l’eau est une activité
qui peut occuper toutes les forces vives d’un village. Les
femmes sont en général les plus concernées,
elles passent une grande partie de la journée, parfois 3
heures, sur des chemins étroits et à forte dénivellation,
pour transporter de l’eau d’un point d’eau à
leur foyer, avec l’aide des enfants, au détriment de
la scolarisation, l’étude, la pratique d’un métier,
…
C’est pourquoi les Nations unies, pour atteindre leurs objectifs
du millénaire pour le développement (OMD) se donne
entre autre comme cible de « réduire de moitié,
d'ici 2015, la proportion de la population privée d'un accès
régulier à l'eau potable ».
L’initiative de ID va dans ce sens. Elle consiste à
pérenniser une structure comorienne professionnelle de gestion
des réseaux d’eau sur chaque île de l’archipel
des Comores.
L’action de ID
Historique
En 1997, ID a initié un appui aux communautés villageoises
du Nyumakélé (région la plus pauvre de l’île
d’Anjouan) afin qu’elles se structurent pour résoudre
les problèmes d’eau.
Les premiers comités de gestion de l’eau villageois
ont alors vu le jour.
Assemblée générale de l’UCEA en novembre
2006
En 2002, avec l’appui de ID, les comités se sont fédérés
au sein de l’Union des comités de l’eau d’Anjouan
(UCEA lien vers la plaquette UCEA), lieu d’échanges
sur la gestion communautaire et représentant des comités
auprès des partenaires extérieurs.
L’expérience de ID conduit alors l’association
au constat suivant : les investissements sur les réseaux
ne sont pas utiles tant que la communauté ne sera pas organisée
pour gérer sur le long terme ces infrastructures.
ID lance alors en 2005, une réflexion conjointe avec son
partenaire anjouanais l’UCEA, et l’Agence Française
de Développement (AFD), qui aboutit à l’idée
de proposer un service professionnel de gestion des réseaux,
porté par l’UCEA à Anjouan, et par une structure
analogue à Mohéli : l’Union des comités
de l’eau de Mohéli, l’UCEM.
L’AFD est le financeur principal de cette démarche
; de nombreux partenaires interviennent également tant au
niveau technique que financier (lien vers la liste des partenaires)
2008 est l’année du renouvellement du partenariat avec
l’AFD.
Un positionnement qui favorise l’autonomisation locale
Le service de l’UCEA à Anjouan et de l’UCEM
à Mohéli est assuré par une équipe locale,
qui intervient dans les villages, en passant un contrat avec le
village, afin de lever une participation financière de la
part des usagers du réseau.
Le positionnement des structures locales (UCEA et UCEM) sur le modèle
d’un « syndicat des eaux » est une première
aux Comores.
Cette structuration communautaire locale présente de nombreux
avantages :
- Représentation fiable et participation pour des investissements
adaptés et durables
- Capitalisation de données techniques
- Mutualisation et pérennisation des intérêts
des communautés
- Garantie de coordination des actions des différents partenaires
- Préparation technique et disponibilité de compétences
locales
- Mutualisation financière
- Visibilité et crédibilité à l’extérieur
des Comores
- Standardisation des interventions techniques et des infrastructures
- Résolution plus facile des conflits inter-villageois par
une structure neutre et représentative
Une initiative novatrice
Pour garantir l’implication des bénéficiaires
dans la mise en œuvre, et par conséquent la pérennité
de l’action, ID ne présente pas un projet tout fait,
mais élabore le contenu de son appui de manière participative,
en concertation permanente avec la structure locale.
ID ne propose pas de réaliser un investissement (par exemple
construire un réseau d’eau neuf) comme le font beaucoup
de projets de développement, mais propose un appui de long
terme sur la structuration locale, la gouvernance et l’émergence
d’un service professionnel autonome.
ID ne cherche pas à faire à la place des communautés
cibles mais se positionne en appui à la structure comorienne
(UCEA ou UCEM) qui représente un niveau de gouvernance local
pertinent pour la représentativité et la prise de
décisions.
ID ne cherche pas le profit sur place, mais le transfert de compétence.
Cela implique 2 dynamiques complémentaires :
- la formation de personnel tout d’abord embauché au
sein de ID, qui assume les risques avant un éventuel transfert
à nos partenaires locaux (UCEA, UCEM)
- la consolidation de l’association relais, en terme de gestion
institutionnelle, technique, administrative, financière,
et en matière de réflexion stratégique pour
être en mesure de piloter son propre développement.
Une démarche technique rigoureuse
ID ne s’investit pas seulement pour la consolidation du long
terme, c’est un partenaire de terrain efficace, qui forme
et appuie au quotidien les équipes techniques locales, en
:
- favorisant les échanges, la formation technique et la constitution
de réseaux locaux d’experts (lien vers la liste des
partenaires)
- pilotant des études détaillées de la ressource
et des besoins sur des zones complexes du point de vue hydrologique
(des schémas directeurs), afin de prévoir un schéma
d’aménagements cohérents et valables sur le
long terme
- constituant des bases de données pour la capitalisation
de l’information
- constituant des dossiers de financement pour la réalisation
d’un chantier identifié
- appuyant techniquement au montage puis au suivi des chantiers
Une expérience reproductible
La démarche développée par ID sur ce programme
hydraulique est reproductible car elle est adaptable à des
contextes différents. ID ne cherche pas à plaquer
un modèle théorique mais développe une démarche
d’approche qui repose sur :
- un diagnostic et une concertation pour le montage d’une
structure de gouvernance locale
- le montage d’une cellule projet qui forme du personnel localement
: sur la technique (hydraulique, traitement de l’eau) et la
gestion administrative et financière principalement
- le transfert des compétences et des responsabilités
à la structure locale, tout en maintenant un appui
Une démarche qui s’inscrit dans le développement
durable
Le thème de l’approvisionnement en eau potable se
situe au croisement d’enjeux locaux et globaux.
Globalement, l’objectif d’améliorer l’accès
à l’eau des populations participe à la lutte
contre la pauvreté et il constitue l’un des engagements
des nations unies pour la réduction de moitié de la
population privée d’accès à l’eau,
repris dans les conclusions du Sommet mondial pour le développement
durable de Johannesburg.
Localement, la démarche de ID relève pleinement les
défis du développement durable en proposant une approche
intégrée, du point de vue des :
| ENJEUX SOCIAUX |
ENJEUX ECONOMIQUES |
ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX |
Les équipes ID s’intègrent
localement, favorisant les échanges culturels et sociaux
ID promeut la place de la femme dans les organes et processus
décisionnels et opérationnels.
La démarche se fonde sur le principe de responsabilité
des communautés : paiement de l’eau par les usagers,
naissance d’une gouvernance locale, l’autonomisation
de la structure gestionnaire….
La pérennité de cette structure, à but
non lucratif, est la garantie pour les consommateurs d’avoir
de l’eau au coût minimum |
ID forme
son personnel en continue et crée des emplois durables,
même après son départ : l’association
relais est l’employeur local.L’association relais
a pour but de devenir autonome financièrement, grâce
au paiement de l’eau par les usagers. |
L’objectif majeur de
cette action est la gestion durables des ressources naturelles
: eau, forêt,…
ID sensibilise à leur protection, la lutte contre la
pollution tout en offrant des alternatives pertinentes (ex :
le reboisement pour la protection des captages se fait avec
des essences valorisables : arbres fruitiers…)
Pour les investissements, ID veille à l’utilisation
de matériaux locaux et à limiter l’impact
des travaux sur le milieu |
Le programme intervient sur les îles d'Anjouan et de Moheli
mais uniquement en zone rurale. La plupart des réalisations
hydrauliques ont été faites, au cours des dernières
années, dans le département du Nyumakele (zone première
d'intervention du projet).
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| Réservoir de Koni Djodjo |
Nettoyage du captage de Koki en septembre
2004 |
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| Des représentations de
théatre forum sont organisées dans les villages
pour informer et sensibiliser la population sur les thèmes
de la gestion de l’eau, de la qualité de l’eau,
de l’assainissement et de l’hygiène |
Bilan annuel publique du Comité
de l'eau de Koki; explication des comptes par le trésorier

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Financement du programme :
AFD (Agence Française du Développement), FCR (Fond
de Coopération Régional de Mayotte), SEDIF (Syndicat
des Eaux d'Ile de France), SIEAM Mayotte, Fondation Lord Michelham
of Hellingly.
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| Assemblée Générale de
l'UCEA |
Contacts :
Responsable de programme : Guillaume
Sauvage
Tél : (00 269) 71 14 73
Mail : g.sauvage@id-ong.org
Fiche actualisée le 17/02/09 |